Canicule de juin : pourquoi EDF a réduit 5,5 GW de puissance nucléaire - Sfen

Canicule de juin : pourquoi EDF a réduit 5,5 GW de puissance nucléaire

Au plus fort de l’épisode caniculaire, plusieurs réacteurs ont été arrêtés ou ont réduit leur puissance afin de respecter les limites de rejets thermiques fixées par la réglementation. Des mesures environnementales qui n’ont pas empêché la France de conserver une importante capacité d’exportation d’électricité.

La vague de chaleur de fin juin 2026 a conduit EDF à réduire temporairement la production de plusieurs réacteurs nucléaires. Au total, pendant les fortes chaleurs « environ 5,5 GW étaient temporairement indisponibles, soit 8,7 % de la puissance installée du parc nucléaire français », a indiqué EDF à l’AFP.

Ces baisses ne sont pas liées à un manque de résistance des réacteurs à la chaleur. Plusieurs centrales dans le monde sont d’ailleurs situées en zone désertique, comme Palo Verde (États-Unis) ou Barakah (Émirats arabes unis)[1]. Ces limitations sont imposées pour respecter des seuils réglementaires de rejets thermiques destinés à protéger les cours d’eau. Au plus fort de l’épisode, trois réacteurs ont été mis à l’arrêt, au Bugey, à Nogent-sur-Seine et à Golfech, tandis que plusieurs autres ont réduit leur puissance, notamment à Chooz, Nogent, Saint-Alban et au Blayais. À date, un réacteur est indisponible au Bugey pour raisons climatiques, tandis qu’un autre a réduit sa production à Saint-Alban [2].

Des limitations liées aux rejets thermiques

L’ASNR fixe deux niveaux de limites pour les rejets thermiques des centrales nucléaires en rivière afin de protéger les milieux aquatiques. Le premier prévoit de réduire la puissance d’unités si la température de l’eau en amont est trop élevée. Si la sécurité de l’approvisionnement électrique l’exige, un second seuil permet exceptionnellement de maintenir une production minimale, sous surveillance environnementale renforcée[3].

Tableau : les niveaux de limite pour les rejets thermiques des centrales nucléaires en rivières, ASNR

Malgré cette baisse, la France exporte massivement grâce à son parc

« Malgré ces contraintes ponctuelles, EDF souligne que les centrales disponibles ont continué d’exporter un volume élevé d’électricité vers les pays voisins », précise l’AFP. Du 22 au 28 juin, la France a confirmé son rôle de principal exportateur d’électricité en Europe en livrant 1,3456 TWh à ses pays limitrophes, soit 13,31 % de sa production d’électricité sur la période [4]. C’est près de onze fois plus que l’Allemagne, qui n’a exporté que 0,117 TWh. Confrontée à une faible production éolienne en raison d’un épisode de vent limité à l’échelle d’une grande partie de l’Europe, l’Allemagne a dû très massivement importer durant cette période. ■