Arabelle Solutions : une nouvelle usine dédiée à l’îlot turbine des EPR2
À Chalon-sur-Saône, Arabelle Solutions va construire une usine dédiée aux échangeurs thermiques des EPR2. Un investissement industriel ciblé, au cœur de la montée en cadence du programme nucléaire français.
La filiale d’EDF Arabelle Solutions annonce la construction d’une nouvelle usine à Chalon-sur-Saône, dédiée à la fabrication d’équipements majeurs de la salle des machines des futurs réacteurs EPR2. Derrière cet investissement de près de 100 millions d’euros se dessine clairement l’enjeu de reconstituer une chaîne industrielle complète, dimensionnée pour une production en série nucléaire.
En opération dès 2030
Le futur site, d’environ 20 000 m², doit entrer en service à l’horizon 2030, avec un démarrage des travaux prévu en 2027. Il permettra la production annuelle des équipements d’échange thermique nécessaires à une centrale complète, dans une logique de cadence industrielle alignée sur le programme EPR2 (6 réacteurs fermes et jusqu’à 8 supplémentaires).
Les caractéristiques annoncées donnent la mesure de l’enjeu industriel. Il s’agit d’échangeurs thermiques de 120 à 370 tonnes, pour des longueurs comprises entre 15 et 25 mètres. « L’usine […] aura une capacité de production lui permettant de fournir, chaque année, l’ensemble de ces équipements pour une centrale nucléaire », précise EDF dans un communiqué publié le 26 avril.
Un outil industriel dimensionné pour la série
« Produire ces échangeurs thermiques au sein d’un outil industriel interne, en France, constitue un levier déterminant de souveraineté et de robustesse industrielle », assure le PDG d’EDF Bernard Fontana sur Linkedin. De son côté, la ministre déléguée à l’Énergie Maud Bregeon déclare à l’AFP : « Le nucléaire est le pilier de notre souveraineté énergétique. C’est aussi une industrie et une filière d’excellence ancrée dans nos territoires qui fait notre fierté à l’international. »
L’investissement de Chalon-sur-Saône complète les annonces d’Arabelle pour son site de Belfort en janvier dernier. EDF annonçait alors un plan d’investissement de 350 millions d’euros jusqu’en 2029 pour la création de nouveaux locaux d’une surface totale de 20 000 m², comprenant une usine de 10 000 m². L’objectif est de doubler l’activité du fabricant de turbines, afin de pouvoir fournir au moins deux EPR2 par an, ou un volume équivalent.
Suivre le programme EPR2
De telles ambitions s’inscrivent dans le cadre du programme EPR2, dont la décision finale d’investissement pour une première tranche de six unités à construire par paires d’ici 2050 est attendue d’ici la fin de l’année, à l’issue d’une enquête de la Commission européenne. Dans la foulée, une décision pourrait être rapidement prise pour engager la construction de huit EPR2 supplémentaires. De quoi sécuriser un approvisionnement en électricité nucléaire à long terme, tout en générant des gains significatifs en délais et en coûts grâce à l’effet de série. ■