Orano Med inaugure son nouveau centre de R&D dédié à l’alphathérapie au plomb-212 - Sfen

Orano Med inaugure son nouveau centre de R&D dédié à l’alphathérapie au plomb-212

Publié le 1 juin 2026

Orano Med a inauguré à Villejuif un nouveau centre de recherche et développement dédié à l’alphathérapie au plomb-212. Implantée au sein du Paris-Saclay Cancer Cluster, la filiale du groupe Orano entend s’appuyer sur cet écosystème d’innovation en oncologie pour accélérer l’identification et le développement de nouveaux traitements ciblés contre le cancer.

La filiale d’Orano Med a inauguré, le 18 mai 2026, son nouveau siège et un laboratoire de recherche et de développement à Villejuif. Ce nouveau complexe de 700 m2 est installé au sein du Paris-Saclay Cancer Cluster – une initiative de recherche biomédicale et d’innovation en oncologie lancée en 2022 dans le cadre du programme France 2030. L’État avait, à son lancement, fourni un soutien de 100 millions d’euros étalés sur 10 ans. En s’insérant dans cet écosystème, Orano Med disposera d’un environnement adapté en termes de R&D pour identifier de nouveaux candidats médicaments et pour faciliter leur développement.

« Cette inauguration constitue une étape importante dans le développement d’une activité prometteuse pour le groupe. […] Elle traduit également notre ambition d’améliorer la prise en charge des patients en impasse thérapeutique grâce à une nouvelle génération d’alphathérapies ciblées au plomb-212 », explique Nicolas Maes, PDG d’Orano

Quatre médicaments en phases avancées

La filiale d’Orano développe des techniques de radiothérapie interne vectorisée pour le traitement des cancers. Plus particulièrement, ces travaux portent sur les traitements d’alphathérapie ciblée au plomb-212. Orano Med dispose d’un portefeuille diversifié de traitements combinant un vecteur biologique et le plomb-212, un radioélément émetteur alpha capable de détruire les cellules tumorales tout en limitant l’irradiation des tissus sains.

Ces nouveaux locaux à Villejuif seront en particulier dédiés à la production de nouveaux vecteurs de ciblage (peptide, anticorps…) utilisés pour identifier chaque type de cellule cancéreuse. Ces potentiels candidats seront ensuite envoyés dans le laboratoire d’Orano Med à Plano au Texas pour les phases pré-cliniques (caractérisation in vitro et in vivo).

Aujourd’hui, l’entreprise dispose de quatre traitements en phase d’essais cliniques chez l’Homme. AlphaMedix, développé en partenariat avec Sanofi et RadioMedix, cible les tumeurs neuroendocrines. Il est le plus avancé, déjà en phase 2 (essais sur un nombre plus important de patients afin d’évaluer l’efficacité et d’affiner le profil de sécurité). Les trois autres, conçus en propre ou avec d’autres partenaires, sont aujourd’hui en phase 1 (premiers essais chez l’être humain visant principalement à évaluer la sécurité du traitement).

En flux tendu

Le développement de traitements de ce type fait face à plusieurs défis en termes de fabrication et de distribution. D’une part, les radioéléments, tels que le plomb-212, ont une durée de vie très courte (10,6 heures). Ils ne se stockent pas et doivent donc être acheminés et utilisés rapidement. Cela nécessite d’avoir une prise en charge fiable et maîtrisée sur toute la chaîne de valeur. D’autre part, le développement d’un nouveau médicament dure en moyenne 15 ans et coûte 2 milliards d’euros. Lors de l’événement, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, a salué l’engagement des industriels et des biotechs qui assument aujourd’hui de prendre des risques sur des horizons de développement particulièrement longs. ■

Par François Terminet (Sfen)

Image : Le Paris-Saclay Cancer Cluster vu du ciel, Source : PSCC