Nucléaire performant, écrêtements, prix négatifs : enseignements du 1er semestre 2025
Selon le Bilan du premier semestre 2025 de RTE, au premier semestre 2025, la France a bénéficié, comme en 2024, d’une disponibilité exceptionnelle de son parc nucléaire, permettant de maintenir une électricité décarbonée à 95 %. Cette performance a soutenu les exportations d’électricité, et compensé les aléas météorologiques qui ont pesé sur l’hydraulique et l’éolien.
« La part de la production décarbonée se maintient également au niveau historiquement élevé atteint en 2024 » à un niveau de 95 %. C’est l’un des enseignements du Bilan du premier semestre 2025 de RTE. Ce taux aurait pu baisser du fait des conditions météorologiques instables qui ont entraÏné une baisse de la production de l’hydraulique et de l’éolien. Mais cela a été compensé par une production nucléaire abondante du fait d’une meilleure disponibilité du parc existant (+2,4 % au premier semestre 2025).
Le premier semestre 2025 a également été marqué par un bond spectaculaire des écrêtements de production renouvelable, en hausse de plus de 80 % ! Et c’est le solaire qui en porte très largement la dynamique avec un passage « de 0,4 TWh au 1er semestre 2024 à près de 1,2 TWh au 1er semestre 2025 ». Durant cette même période « la part du parc incitée à moduler sa production est restée constante », écrivent les auteurs. Cette augmentation de l’écrêtement des renouvelables s’explique notamment par une production solaire plus importante et à la croissance du nombre d’heures à prix négatif.

Le nombre d’épisodes de prix négatifs a continué d’augmenter au premier semestre 2025, avec 363 heures concernées, soit environ 8 % du temps. Cette croissance est due au fait que « la consommation d’électricité est restée stable ». Elle est même toujours inférieure à son niveau pré-crise Covid : 6 à 7 % en dessous de la moyenne des années 2014 et 2019.

Mais un solde exportateur toujours dans les records français
Cependant, cette faible consommation a permis à la France d’afficher un solde des échanges d’électricité largement exportateur durant tout le premier semestre, avec 37,6 TWh exportés. Ce résultat constitue le deuxième solde le plus élevé, juste derrière celui du premier semestre 2024. Et il ne s’agit pas d’une exception. Depuis près de 20 ans, la France exporte régulièrement plus d’électricité qu’elle n’en importe (seule l’année 2022 fait figure d’exception), comme l’avait mis en évidence la Sfen dans sa rubrique Le nucléaire en chiffres consacrée aux exportations nettes de 2005 à 2024. ■