Meta s’offre 6,6 GWe de capacité nucléaire d’ici 2035 pour ses centres de données IA
Meta a signé trois nouveaux accords historiques avec les entreprises Vistra, TerraPower et Oklo. Ils visent la mise à disposition de 6,6 GWe de capacité nucléaire d’ici 2035, pour l’approvisionnement de ses centres de données dédiés à l’IA.
Pour assurer le déploiement massif de sa « superintelligence personnelle », Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp) frappe fort en employant les grands moyens financiers. En effet, le groupe a annoncé, le 9 janvier 2026, avoir conclu des accords sans précédent avec trois entreprises américaines du secteur nucléaire pour alimenter en électricité ses giga centres de données, en particulier son supercluster d’IA Prometheus à New Albany dans l’Ohio. Les partenaires choisis sont Vistra, TerraPower et Oklo. Mêlant à la fois des capacités nucléaires existantes et des nouvelles, ces accords garantiront l’accès pour Meta jusqu’à 6,6 GWe de production nucléaire d’ici 2035. S’ajoutant à l’accord conclu en juin 2025 avec Constellation Energy, cette nouvelle annonce propulse Meta dans le haut du panier « des plus importants acheteurs d’énergie nucléaire de l’histoire américaine ».
Ces trois développeurs n’ont pas chômé à montrer leur intérêt pour répondre aux besoins en énergie du géant du numérique puisque ces nouveaux accords font suite à l’appel d’offre lancé par Meta il y a tout juste un peu plus d’un an. « L’énergie nucléaire contribuera à alimenter notre avenir en matière d’IA, à renforcer l’infrastructure énergétique du pays et à fournir une électricité propre et fiable à tous. Ces projets créeront des milliers d’emplois qualifiés dans l’Ohio et en Pennsylvanie », déclare Joel Kaplan, directeur des affaires mondiales chez Meta.
Acquisition de capacités, prolongation et extension
Meta a signé avec Vistra plusieurs contrats d’achats d’électricité d’une durée de 20 ans pour un total de plus de 2 600 MWe d’énergie nucléaire. Ceux-ci concernent, d’une part, les capacités installées et opérationnelles des centrales de Perry et de Davis-Besse dans l’Ohio, soit 2 176 MWe. D’autre part, ils comprennent également les extensions de capacité, grâce à la modernisation des équipements, prévues sur ces deux installations et sur la centrale nucléaire de Beaver Valley en Pennsylvanie pour un total de 433 MWe. Le contrat d’achat sera effectif dès la fin d’année 2026 et les capacités supplémentaires sont attendues d’ici 2034. « Cela représente la plus importante augmentation de capacité nucléaire jamais réalisée par un client privé aux États-Unis. », indique Vistra dans son communiqué.
Grâce à ces trois contrats, l’opérateur électrique américain fait d’une pierre deux coups en assurant le fonctionnement sûr des trois centrales au moins pour les deux prochaines décennies, tout en s’offrant la possibilité de solliciter dans le futur le renouvellement de l’autorisation auprès de la NRC (Nuclear Regulatory Commission) des quatre réacteurs pour vingt années supplémentaires. À ce jour, les unités 1 et 2 de Beaver Valley sont respectivement autorisées à fonctionner jusqu’en 2036 et jusqu’en 2047, celle de Davis-Besse jusqu’en 2037, et Perry jusqu’en 2046.
Yesterday I had the opportunity to join @Meta in announcing landmark agreements that will expand the operation of three nuclear power plants, lowering energy costs for Americans while also powering the AI revolution!
Thanks to President Trump, America’s nuclear renaissance is… pic.twitter.com/8FK1Ot4ua4
— Secretary Chris Wright (@SecretaryWright) January 11, 2026
Des réacteurs de nouvelle génération
Dans la seconde partie de l’annonce, Meta indique fournir un soutien financier au déploiement des projets de réacteurs avancés des sociétés TerraPower et Oklo.
- S’agissant de TerraPower, l’accord s’articule en deux axes. D’abord, Meta apportera un soutien financier aux premières phases de développement de deux unités Natrium (petit réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium) [1]. Pour une puissance totale de 690 MWe, elles seraient mises en service dès 2032. Puis, Meta bénéficiera également des droits d’utilisation de l’énergie produite par six unités supplémentaires de même technologie pour une capacité de 2,1 GWe, dont l’exploitation est prévue d’ici 2035. Au total, Meta pourra ainsi bénéficier de 2,8 GWe – production qui pourra grimper jusqu’à 4 GW grâce aux technologies de stockage de TerraPower. Les lieux de construction restent encore à définir.
- Du côté d’Oklo, le partenariat vise à accélérer le développement « d’un parc de pointe en matière de technologies nucléaires » dans le comté de Pike en Ohio. Celui-ci sera équipé de plusieurs réacteurs Aurora (neutrons rapides refroidis au sodium) pour une capacité pouvant atteindre jusqu’à 1,2 GWe. La première phase de mise en service pourrait s’effectuer dès 2030 et la pleine capacité serait attendue en 2034. Le contrat garantit, d’une part, un prépaiement de l’électricité par Meta, et d’autre part, un engagement financier de Meta pour assurer le déploiement du parc.
« Ces accords permettent également à Oklo et TerraPower de bénéficier d’une plus grande visibilité commerciale, de lever des capitaux pour mener à bien ces projets et, à terme, d’accroître la capacité énergétique du réseau. », souligne Meta dans son communiqué. ■