Livret A, LDDS, LEP : l’épargne des Français mobilisée pour le programme EPR2 - Sfen

Livret A, LDDS, LEP : l’épargne des Français mobilisée pour le programme EPR2

L’épargne réglementée des Français va contribuer au financement du nouveau programme nucléaire. Mobilisé via le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts, le Livret A participera au financement des six futurs réacteurs EPR2. Une étape clé pour sécuriser le montage financier du programme, dont la décision finale d’investissement est attendue fin 2026.

Pour la première fois, l’épargne des Français, notamment via le Livret A, va contribuer au financement du nouveau programme nucléaire français. « 60 % du montant total du programme sera financé par le Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts », a indiqué l’Élysée lors du cinquième Conseil de politique nucléaire , qui s’est tenu le 12 mars 2026. C’est la Banque des Territoires qui sera à l’origine de ce prêt bonifié et garanti par l’Etat. Le fonds d’épargne centralise une part importante de l’épargne réglementée, notamment le Livret A, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le Livret d’Epargne Populaire (LEP). Jusqu’à présent destiné principalement au financement des logements sociaux, ce fonds servira pour la première fois à soutenir un projet énergétique.   

L’encours du Livret A et LDDS dépasse aujourd’hui 615 milliards d’euros. Le coût du nouveau nucléaire ne représente qu’une petite fraction des fonds disponibles. Fin décembre 2025, EDF a évalué à 72,8 milliards d’euros (valeur 2020) le coût maximal de construction des six réacteurs EPR2. Étendue sur 25 ans, cette construction nécessitera un financement annuel de 3,6 milliards d’euros. Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, affirme : « Le Fonds d’épargne mobilise l’épargne des Français pour des investissements de très long terme d’intérêt général et participera, à ce titre, au financement du nouveau nucléaire français. »  

Le président de la République, Emmanuel Macron, à l’occasion de sa visite sur le chantier de Penly le, 14 mars, a rappelé pourquoi cet investissement était stratégique pour la France : « On n’arrivera pas à gagner la bataille du climat, de la compétitivité et de la souveraineté sans le nucléaire. » La Banque des Territoires dans son communiqué de presse confirme : « Ce financement participera à la construction de six réacteurs EPR2, contribuant ainsi à renforcer la souveraineté énergétique de la France, à soutenir la compétitivité de l’économie française et à accélérer la décarbonation du mix électrique ». Olivier Sichel, directeur général de la Caisse des Dépôts ajoute que “la Caisse des Dépôts met une fois de plus l’épargne des Français à leur service et à celui des générations futures. » 

Décision finale d’investissement attendue fin 2026

En contrepartie, « Le Conseil a enfin confirmé l’objectif d’assurer la décision finale d’investissement du Conseil d’administration d’EDF avant la fin de l’année 2026, pour une première mise en service d’ici 2038 ». Le projet est sur la bonne voie : plusieurs étapes clés ont déjà été franchies. Le programme de construction a été audité par la Délégation interministérielle au nouveau nucléaire (DINN). À l’issue de cette évaluation, EDF s’est engagée à respecter ces objectifs et à appliquer, d’ici fin 2026, les recommandations de l’audit, sous le suivi attentif de la DINN. Côté réglementaire, depuis février la Programmation pluriannuelle de l’énergie acte désormais la construction des six réacteurs EPR2. Il ne reste désormais qu’une dernière étape à franchir : validation par la Commission européenne du mécanisme d’aide d’État soutenant le programme. L’exécutif français a entamé des discussions avec Bruxelles fin 2025.  

Par Floriane JACQ, Sfen 

Image: Visite du président Emmanuel Macron à Penly le 12 mars 2026. ©  LUDOVIC MARIN / POOL / AFP