Incendies en Gironde : comment les centrales nucléaires sont protégées ?
Les incendies qui touchent actuellement la Gironde suscitent des interrogations légitimes sur la capacité des centrales nucléaires, et notamment celle du Blayais, à faire face à un feu de forêt ou de végétation à proximité de leurs installations.
En France, les installations nucléaires font l’objet, au stade de leur conception, d’un examen de leur protection vis-à-vis des risques dits « d’agressions externes » : risques naturels, risques industriels, chutes d’avion… Cet examen permet de déterminer les mesures de protection (prévention et intervention) à mettre en place au niveau de l’installation.
Des installations dimensionnées pour faire face aux feux de forêt
La protection contre les incendies d’origine externe, et notamment les feux de forêts, fait donc partie intégrante de cette démarche. Les centrales nucléaires françaises ont donc été dimensionnées pour faire face à ce risque. En cas de feu de forêt, c’est le rayonnement thermique qui constitue le premier risque pour des installations. A proximité du feu, la chaleur est susceptible de provoquer l’embrasement de matériels ou nuire au fonctionnement des équipements.
Des mesures spécifiques et une évaluation régulière des installations
Les mesures de protection vis-à-vis des feux de forêt prises comprennent essentiellement la mise en place de zones de sécurité autour des sites (mise en place de coupe-feux, élagage, débroussaillage, déboisement…) afin d’écarter l’incendie de l’installation et de conserver la disponibilité des lignes électriques, ainsi que les accès aux sites (routes…).
Les centrales font en outre l’objet d’évaluations régulières dans le domaine de la protection contre le risque lié à l’incendie. Sur son site, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) indique : « S’agissant des centrales nucléaires de production d’électricité, dans le cadre des 3e visites décennales des réacteurs à eau sous pression d’EDF, l’examen des risques liés aux feux de forêts n’a pas mis en évidence la nécessité de mesures supplémentaires ».
Une coordination étroite avec les services de l’Etat
Ces mesures sont également complétées par une capacité d’intervention rapide sur site avec des moyens adaptés de lutte contre le feu, en coordination avec les pouvoirs publics locaux. EDF rappelle que « les centrales entretiennent une coopération étroite avec les Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) afin d’assurer une bonne coordination au service de la maîtrise du risque incendie. Dans le cadre d’un dispositif national, un officier sapeur-pompier professionnel (OSPP) est présent sur chaque centrale nucléaire. Son rôle est de faciliter les relations entre la centrale et le SDIS et d’intervenir dans la formation du personnel. »
Pas d’impact à date sur la centrale du Blayais
Le site du Blayais abrite la centrale exploitée par EDF dans le département de la Gironde, à 50 km au nord de Bordeaux. Cette centrale nucléaire est constituée de quatre réacteurs à eau sous pression d’une puissance de 900 MWe. Elle est implantée sur un vaste terrain en bordure de l’estuaire de la Gironde. Son environnement immédiat est constitué de marais, peu soumis aux risques de feux de forêt, et non pas d’un massif forestier.
Au 27 juillet 2026, EDF indique que « l’incendie en cours en Gironde n’a pas d’impact sur l’exploitation des réacteurs de la centrale nucléaire du Blayais. […] Il n’y a pas de difficultés à ce stade dans le secteur de la centrale, qui est éloignée de 50 à 60 km des foyers d’incendie ». Ces derniers sont en outre situés sur l’autre rive de l’estuaire.
« Les centrales assurent l’entretien autour des installations, incluant en particulier les travaux de débroussaillage », rappelle l’exploitant. Mercredi 22 juillet 2026, « le chef de mission Sûreté de la centrale nucléaire du Blayais a mené, aux côtés de l’OSPP du site, une inspection approfondie destinée à confirmer la suffisance du débroussaillage autour de la centrale et du poste source RTE. Le fauchage a été jugé suffisant par l’OSPP (critère de distance par rapport aux premiers bâtiments ou premiers ouvrages). Les voies d’accès dédiées aux secours extérieurs sont également sécurisées. » ■