Orano décroche 900 M$ pour une usine d’enrichissement aux États-Unis
Le Département de l’énergie américain a attribué, lundi 5 janvier, 2,7 milliards de dollars à trois entreprises pour relancer la filière de l’enrichissement d’uranium sur son territoire. Orano recevra un tiers de ce montant pour développer une usine à Oak Ridge dans le Tennessee.
L’année 2026 commence sur les chapeaux de roues pour Orano. Lundi 5 janvier, le Département de l’énergie américain a présenté les trois projets soutenus par le gouvernement pour développer de nouvelles capacités d’enrichissement d’uranium sur le territoire national. L’industriel français a récupéré un tiers de ce budget pour déployer une usine sur le site d’Oak Ridge dans le Tennessee. De quoi financer une partie des 5 milliards de dollars nécessaires pour couvrir le montant total de ce projet, nommé IKE.
« C’est une excellente nouvelle pour Orano et une avancée décisive pour notre projet d’usine d’enrichissement aux États-Unis, souligne Nicolas Maes, directeur général d’Orano, dans un communiqué publié le même jour. Cette reconnaissance par les autorités américaines illustre la confiance placée dans notre expertise et notre capacité à mettre notre technologie au service de la robustesse de l’approvisionnement de nos clients. » Avec la sécurisation de cet investissement, Orano devrait finaliser le contrat et déposer une demande de licence auprès de la NRC, autorité de sûreté nucléaire américaine, au cours du premier semestre 2026.
Relancer une filière localement
Orano a présenté ce projet en septembre 2024, alors que les États-Unis cherchaient à ne plus dépendre d’importations d’uranium enrichi. Washington avait ainsi lancé un appel d’offres pour l’achat d’uranium enrichi et interdit l’importation de matière provenant de Russie. Les États-Unis se sont fixés l’objectif de quadrupler la capacité de production d’énergie nucléaire d’ici 2050, ce qui nécessite une multiplication par 12 de leur volume d’enrichissement nationale, afin d’atteindre 60 millions d’UTS. D’après les chiffres d’Orano, les besoins actuels du pays sont de 15 millions d’UTS pour une capacité locale de 5 millions d’UTS. IKE, qui va permettre de créer 300 emplois, est le plus gros investissement de l’histoire du Tennessee.
American Centrifuge Operating (filiale de Centrus) et General Matter vont également recevoir 900 millions de dollars chacun pour des projets de production d’uranium faiblement enrichi à haute teneur (Haleu, enrichi de 5 à 20 %). Respectivement, les projets des entreprises se situent à Piketon dans l’Ohio et à Paducah dans le Kentucky. Orano est donc le seul lauréat qui a pour objectif la production d’uranium faiblement enrichi (entre 3 et 5 %) qui alimente aujourd’hui les 94 réacteurs américains en opérations.
Complément à Georges Besse II
Ce projet s’inscrit dans une stratégie globale d’Orano d’augmentation des capacités d’enrichissement. En France, le groupe a lancé en octobre 2024 les travaux d’extension de l’usine Georges Besse II sur le site du Tricastin. Pour un montant prévisionnel de 1,7 milliard d’euros, l’entreprise devrait augmenter d’environ 30 % sa production actuelle de 7,5 millions d’UTS. « Grâce à cet outil industriel, Orano dispose aujourd’hui de 12 % des capacités mondiales d’enrichissement », rappelle le groupe. Ces hausses visent à pallier le recours aux capacités russes qui représentent aujourd’hui, via Rosatom, 46 % de la production mondiale. D’après le planning prévisionnel d’Orano, les premiers lots d’uranium enrichi par l’extension de Georges Besse II devraient sortir d’usine dès 2028. ■