États-Unis : la NRC lance l'examen du projet d'enrichissement IKE d'Orano - Sfen

États-Unis : la NRC lance l’examen du projet d’enrichissement IKE d’Orano

Publié le 29 mai 2026
Concept du projet d'Oak Ridge d'Orano

La NRC a débuté l’examen de demande de licence du projet IKE d’Orano dans le Tennessee. Cette nouvelle usine d’enrichissement pourrait jouer un rôle majeur dans la stratégie américaine visant à réduire sa dépendance aux importations d’uranium enrichi. Grâce à une procédure accélérée, Orano pourrait entamer la construction de son usine dans un an.

En janvier 2026, Orano avait reçu 900 millions de dollars de la part du Département de l’énergie (DOE) des Etats-Unis pour son projet IKE – une nouvelle usine d’enrichissement à Oak Ridge dans le Tennessee. Le 21 mai 2026, la Commission de réglementation nucléaire des États-Unis (NRC) a annoncé avoir accepté d’examiner la demande d’autorisation du projet.

Un planning accéléré

Orano avait soumis son rapport environnemental en janvier 2026 avant de déposer sa demande de licence deux mois plus tard. Désormais entre les mains de la NRC « l’évaluation comprendra une analyse détaillée de la sûreté et de la sécurité ainsi qu’une évaluation environnementale afin de garantir que l’installation proposée respecte les exigences de la NRC en matière de protection de la santé publique et de l’environnement. » Lionel Antognelli, directeur du projet, souligne le travail d’équipe entre les deux acteurs qui a permis de franchir cette étape. « Cela a été rendu possible grâce à une collaboration étroite avec la NRC dès le départ, soutenue par une communication constante et des réunions mensuelles de pré-demande qui ont permis d’établir un processus d’autorisation efficace et collaboratif. »

Dans le cadre du décret présidentiel 14300 visant à accélérer le développement de nouvelles capacités nucléaires aux États-Unis, le régulateur annonce également vouloir « finaliser son examen technique dans un délai de 12 mois, sous réserve de la réception d’informations de qualité et en temps voulu. » « Des évaluations de sûreté crédibles, prévisibles et réalisées en temps opportun : c’est ainsi que la NRC soutient le leadership américain dans le domaine de l’énergie nucléaire. » insiste Ho K. Nieh, président de la NRC.

Capitaliser sur l’expérience de Georges Besse 2

Si l’examen est concluant, Orano pourrait obtenir une licence lui permettant de débuter la construction de sa nouvelle usine d’enrichissement de 70 000 m2. L’entreprise française s’appuiera ainsi sur son savoir-faire en termes de choix d’équipements et de maîtrise de chantier. D’une part, l’usine sera équipée de centrifugeuses à gaz, une technologie maitrisée par Orano depuis plus de 15 ans sur le sol français. D’autre part, le chantier bénéficiera du retour d’expérience de la construction de l’extension de l’usine Georges Besse 2.

Une stratégie globale nationale

Le projet IKE s’inscrit dans un objectif bien plus large pour le pays « visant à reconstruire la chaîne d’approvisionnement américaine en combustible nucléaire », détaille la NRC dans son communiqué. Le pays souhaite ainsi s’affranchir des importations d’uranium enrichi étrangères, en particulier russes. Selon Orano, « la production de l’usine du projet IKE pourra à elle seule remplacer l’uranium enrichi que les États-Unis importent actuellement de Russie. » Dans ce sens, le DOE avait également financé deux autres entreprises en même temps que le projet IKE, pour un montant total de 2,7 milliards de dollars. ■

Par François Terminet (Sfen)

Image : Concept de l’usine du projet IKE à Oak Ridge, Source:  Orano