Brexit ou pas, la France et le Royaume-Uni coopèrent pour le nucléaire - Sfen

Brexit ou pas, la France et le Royaume-Uni coopèrent pour le nucléaire

Publié le 30 juin 2016 - Mis à jour le 28 septembre 2021
  • Royaume-Uni
1

Le 29 juin, en marge du salon World Nuclear Exhibition (WNE) qui se tient à Paris, la SFEN et la Nuclear Industry Association (NIA) de Grande-Bretagne ont signé un accord de partenariat, s’engageant à contribuer ensemble à faire avancer l’énergie nucléaire sur les deux rives de la Manche.

Christophe Béhar, Président de la SFEN et Tom Greatrex, CEO de la NIA (association britannique de l’industrie nucléaire) ont sabré le champagne à l’issue de la signature de la convention de partenariat entre leurs deux associations.

Cet accord – le 19ème accord international pour la SFEN – intervient à peine une semaine après le vote anglais en faveur de la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne. Il reconnait l’importance de l’énergie nucléaire pour un développement durable et la nécessité de poursuivre plus que jamais la coopération franco-britannique dans le secteur nucléaire. A fortiori quand les industriels des deux pays travaillent à l’émergence d’une nouvelle génération de réacteurs.

L’accord signé le 29 juin par MM. Béhar et Greatrex engage les deux associations, SFEN et NIA, à travailler ensemble pour promouvoir la collaboration de leurs organisations et des équipes de leurs industries nucléaires nationales.

La coopération nucléaire n’est pas soluble dans le Brexit…

A propos des conséquences du référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, Tom Greatrex a souligné que « si après le référendum de la semaine dernière, le Royaume Uni va engager le processus de sortie de l’Union européenne, cela ne signifie en aucun cas la fin de la coopération entre la Grande Bretagne et les pays membres de l’UE. L’industrie nucléaire est une industrie globale, qui travaille par-delà les frontières pour fournir une électricité bas carbone compétitive. La France et le Royaume Uni ont toujours été à la pointe de l’industrie nucléaire européenne et cela va continuer ».

En tout état de cause, le résultat du référendum ne changera pas le besoin qu’a le Royaume Uni de construire de nouvelles centrales nucléaires pour respecter ses engagements climatiques et remplacer les réacteurs les plus anciens qui fermeront dans les dix prochaines années.

La Grande Bretagne continuera à jouer un rôle majeur dans l’industrie nucléaire internationale, notamment en partenariat avec la filière française dont l’expertise est reconnue par les sujets de sa Très Gracieuse Majesté. L’accord signé entre la SFEN et la NIA vient encore renforcer les relations franco-britanniques et permettra d’aider les filières nucléaires des deux pays à tirer le meilleur profit de leurs expertises respectives.

Pour Christophe Béhar, président de la SFEN, « l’énergie nucléaire est une partie de la solution pour lutter contre le réchauffement climatique. Dans cette perspective, l’accord signé entre la SFEN et la NIA renforce encore la longue coopération franco-britannique en matière de nucléaire. Nous allons continuer à partager nos travaux pour développer le nucléaire et nous donner les meilleurs outils possibles pour lutter contre le réchauffement climatique ».

… Hinkley Point C non plus !

Le projet d’Hinkley Point C de deux réacteurs EPR porté par EDF Energy en Grande-Bretagne ne souffrira pas non plus du processus de Brexit.

En visite au salon WNE le 28 juin, Emmanuel Macron, Ministre de l’Economie, de l’industrie et du numérique, rappelait sur le stand de l’énergéticien français que « le nucléaire est un choix français et un choix d’avenir ». Il soulignait aussi que « la filière nucléaire n’est pas en déclin mais elle a été transformée par de nombreux défis ». Et à propos du projet HPC, le  ministre a précisé : »Les Britanniques ont fait le choix de sortir de l’Union Européenne, mais la Grande-Bretagne reste un partenaire stratégique de la France. Une décision finale d’investissement rapide pour Hinkley Point est opportune pour la France, la Grande-Bretagne et EDF. » 

Par ailleurs, Vincent de Rivaz, PDG d’EDF Energy, soulignait avant le référendum, que la Grande Bretagne et la France sont “d’accord sur la valeur du nouveau nucléaire. Nous savons ce que Hinkley Point C représente pour EDF Energy et le groupe EDF, pour la Grande Bretagne et pour la France. Nous connaissons la valeur du soutien constant des gouvernements. La Chine a choisi HPC pour son premier investissement majeur dans le nucléaire en Europe de l’Ouest parce que c’est un grand projet. Et aussi parce que c’est un partenariat stratégique entre la France et le Royaume Uni. “  En effet, les dimensions européennes du projet ont pesé lourd dans la décision chinoise. La coopération franco-britannique en matière nucléaire est donc absolument stratégique. HPC illustre combien la visibilité et la stabilité à long terme, tant politique que réglementaire, attirent les capitaux et créent de nombreux emplois. Brexit ou pas…

Le nucléaire : un cinquième de la production d’électricité britannique

La NIA – Nuclear Industry Association – est l’association des industriels britanniques du nucléaire. NIA représente 260 entreprises, dont les exploitants de centrales nucléaires qu’ils soient engagés dans de nouveaux projets comme HPC ou l’ensemble de la filière, de la construction au démantèlement en passant par la gestion des déchets, la logistique et le cycle du combustible. L’industrie nucléaire britannique garantit un cinquième de l’électricité consommée au Royaume Uni. Elle emploie 64 000 professionnels hautement qualifiés. L’énergie nucléaire permet au pays d’économiser plus de 40 millions de tonnes de CO2, l’équivalent de l’émission de la moitié du parc automobile…

Par Isabelle Jouette – SFEN (photo : Tom Greatrex (NIA) et Christophe Béhar (SFEN) à WNE)

  • Royaume-Uni