Valar Atomics : un deuxième réacteur avancé atteint la criticité dans le programme du DOE
Il y a un peu plus d’un an, l’administration Trump lançait un défi inédit au Département américain de l’énergie (DOE) : obtenir la première divergence de plusieurs réacteurs avancés avant le 4 juillet 2026, jour de la fête nationale américaine. À quelques jours de l’échéance, le pari est quasiment remporté. Après Antares Nuclear le 12 juin, Valar Atomics a annoncé le 22 juin la criticité de son démonstrateur. Deux startups ont ainsi validé leur technologie en moins d’un an, confirmant l’efficacité du Reactor Pilot Program.
Annoncé en juin 2025, le Reactor Pilot Program constitue l’une des mesures emblématiques de la politique nucléaire de l’administration Trump. Plutôt que de suivre le processus classique d’autorisation de la Nuclear Regulatory Commission (NRC), le Département américain de l’énergie a ouvert une voie expérimentale permettant à des entreprises privées de construire et d’exploiter rapidement des réacteurs de démonstration sur ses propres sites.
Au total, onze projets, portés par dix entreprises, ont été retenus. L’objectif était ambitieux : démontrer qu’il était possible d’accélérer drastiquement le développement des réacteurs avancés et d’obtenir les premières divergences de plusieurs démonstrateurs avant le 4 juillet 2026, une échéance hautement symbolique aux États-Unis.
Valar confirme la dynamique
Le second succès revient à Valar Atomics. La startup s’était déjà fait connaître en février dernier en faisant transporter son microréacteur Ward 250 à bord d’un avion cargo de l’US Air Force, une première mondiale destinée à démontrer le déploiement rapide de cette technologie sur des sites isolés ou des bases militaires. Quelques mois plus tard, l’entreprise franchit cette fois une étape beaucoup plus importante sur le plan nucléaire : la première divergence de son démonstrateur.
Le concept développé par Valar repose sur un microréacteur à haute température refroidi au gaz (HTGR), utilisant du combustible TRISO, reconnu pour sa grande robustesse. D’une puissance thermique d’environ 5 MW, il est destiné à alimenter des sites isolés, des installations industrielles, des infrastructures critiques ou encore des centres de données en électricité et en chaleur.
Avec le transport aérien, Valar avait démontré la mobilité de son concept ; avec cette première divergence, elle valide désormais son fonctionnement nucléaire.
Après Antares, deux technologies différentes
Valar succède à Antares Nuclear, qui avait annoncé le 12 juin la première divergence de son démonstrateur Mark-0.
Les deux startups poursuivent pourtant des approches différentes. Là où Valar mise sur un réacteur à haute température refroidi au gaz, Antares développe un microréacteur refroidi par caloducs au sodium, utilisant lui aussi du combustible TRISO. Mark-0 constitue avant tout un banc d’essais destiné à qualifier la physique du cœur avant le développement d’un futur réacteur commercial.
Ces deux succès illustrent la stratégie retenue par le DOE : ne pas miser sur une technologie unique mais accélérer simultanément plusieurs concepts susceptibles de répondre à des besoins variés, qu’il s’agisse d’applications militaires, industrielles, de réseaux isolés ou de centres de données.
Un pari presque remporté
Avec les succès successifs d’Antares et de Valar, le DOE peut déjà revendiquer une large partie de son objectif. En un peu plus d’un an, deux startups américaines sont parvenues à atteindre la première divergence de leurs réacteurs avancés, démontrant que le programme d’accélération produit déjà des résultats concrets.
Le pari n’est toutefois pas totalement gagné. L’objectif affiché par l’administration américaine était de voir trois démonstrateurs atteindre la criticité avant le 4 juillet 2026. À quelques jours de cette échéance, plusieurs autres startups poursuivent leurs essais. Si l’une d’entre elles franchissait à son tour cette étape dans les prochains jours, le Reactor Pilot Program remplirait pleinement la promesse formulée lors de son lancement : démontrer qu’il est possible de développer des réacteurs avancés selon un calendrier inédit. ■