Classement des incidents et accidents nucléaires - Sfen
SURETÉ NUCLÉAIRE ET PROLONGATION DU PARC

Classement des incidents et accidents nucléaires Chapitre 5

Classement des incidents et accidents nucléaires
Publié le 2 juin 2026 Mis à jour le 2 juin 2026

En France, comme dans tous les pays où sont exploitées des installations nucléaires, tous les événements, y compris les plus minimes survenant dans ces installations, sont déclarés aux autorités de contrôle et rendus publics. Cette pratique fournit des points de repère utiles pour prendre la mesure d’un événement et éventuellement apporter assistance au pays concerné.

Une échelle de classement des événements nucléaires et radiologiques, dénommée INES (International Nuclear Event Scale), a été créée au niveau international en 1991. Le classement va de l’anomalie sans conséquence sur la sûreté (niveau 0) à l’accident le plus grave (niveau 7, coefficient attribué aux accidents de Tchernobyl et de Fukushima Daiichi).

Si l’échelle est utile pour les autorités compétentes et les exploitants, elle a surtout été conçue comme un outil de communication permettant de faciliter la perception par le public de la gravité du point de vue de la sûreté des événements survenant dans les installations nucléaires ou lors de transports de matières radioactives.

Une échelle de gravité des événements a été instaurée en France dès 1987, à la suite de l’accident de Tchernobyl, dans le but d’établir une hiérarchie claire concernant la sévérité des incidents ou accidents pouvant survenir dans une installation nucléaire ou lors du transport de matières radioactives. Cet outil visait à offrir un moyen de communication accessible afin d’améliorer la compréhension du public quant à la gravité potentielle de ces événements, notamment en matière de contamination environnementale et de risque pour la population. Cette initiative s’est révélée bénéfique tant pour les autorités compétentes que pour les exploitants.

En 1991, l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) a mis en place une échelle internationale, nommée INES (International Nuclear Event Scale), directement inspirée du modèle français. Ce classement s’étend de l’anomalie sans conséquence (niveau 0) jusqu’à l’accident le plus grave (niveau 7), comme ceux de Tchernobyl et de Fukushima Daiichi. Utilisée à l’échelon international, elle s’appuie sur des critères à la fois objectifs et subjectifs fondés sur les conséquences de l’événement à l’extérieur comme à l’intérieur du site et sur la dégradation des lignes de défense de l’installation interposées entre les produits radioactifs et l’environnement.

Le classement sur l’échelle INES s’établit suivant plusieurs critères :

Source : ASNR
La transparence, principe de l’échelle INES

En France, plusieurs centaines d’évènements sont classés chaque année au niveau 0 ou 1. Il s’agit d’écarts et d’anomalies sans conséquence sur la sûreté. Au maximum, 3 événements sont classés au niveau 2 chaque année dans le monde. En France, un seul événement a dépassé le niveau 3, en mars 1980, sur un réacteur UNGG à Saint-Laurent 2.

0 ou 1
En France, plusieurs centaines d’écarts et d’anomalies sans conséquence sur la sûreté sont classés chaque année au niveau 0 ou 1

Tous les événements concernant la sûreté nucléaire des INB (Installation nucléaire de base) doivent être déclarés « dans les meilleurs délais » (en pratique dans les 48 heures) par les exploitants à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), avec une proposition de classement sur l’échelle INES que l’ASNR est libre d’avaliser ou de modifier. Tous les incidents classés niveau 1 et au-delà font systématiquement l’objet d’une information sur le site internet de l’Autorité, mais aussi d’un communiqué de presse des exploitants.

Dans tous les cas, chaque déclaration d’événement est accessible au public sur le site internet de l’ASNR. En parallèle, tous les exploitants nucléaires listent de leurs côtés, tous les événements survenus dans l’année, a minima, au travers d’un rapport d’activités annuel accessible aussi au public.

Les accidents nucléaires dans le monde supérieurs à 3 sur l’échelle INES

  • Windscale, Angleterre en 1957 (niveau 5)
  • SL1 (réacteur militaire), Etats-Unis en 1961 (niveau 4)
  • Lucens, Suisse en 1969 (niveau 4)
  • Saint-Laurent-des-Eaux, France en 1969 (niveau 4)
  • Tōkaï-Mura, Japon en 1999 (niveau 4)
  • Three Mile Island, Etats-Unis en 1979 (niveau 5)
  • Kychtym, Russie en 1957 (niveau 6)
  • Tchernobyl, URSS en 1986 (niveau 7)
  • Fukushima Daiichi, Japon en 2011 (niveau 7) ■