Tchernobyl : SMR, stockage géologique profond … la zone d’exclusion pourrait retrouver un usage industriel - Sfen

Tchernobyl : SMR, stockage géologique profond … la zone d’exclusion pourrait retrouver un usage industriel

Publié le 20 mars 2026
Quarante ans après la catastrophe, Tchernobyl pourrait redevenir un site nucléaire stratégique. La zone d’exclusion est envisagé pour accueillir deux SMR dans les prochaines années. Par ailleurs, des études de caractérisation de sites prometteurs sont lancées dans la zone pour la réalisation d’un site de stockage géologique profond des combustibles usés.  

En avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl en Ukraine explose et les trois autres tranches du site sont mis à l’arrêt en 2000. Après toutes ces années, de nouvelles perspectives s’ouvrent pour ce site industriel notamment dans la zone d’exclusion de 30 kilomètres qui la ceinture. L’Agence d’État ukrainienne pour la gestion de la zone d’exclusion (SAUEZM) en charge de cette zone y effectue régulièrement des inspections pour contrôler le niveau de radioactivité. Dans un rapport présenté en février 2026, l’agence souligne que la situation radiologique en 2025 dans la zone d’exclusion est globalement restée stable. « Aucune variation significative de l’état radiologique n’a été observée sur le territoire de la zone d’exclusion, dans les lieux de résidence et de restauration du personnel, ni dans les locaux administratifs et de production. Aucun dépassement des seuils de contrôle n’a été constaté. » Ces conclusions s’appuient sur plus de 4 100 échantillons prélevés, plus de 15 200 mesures sur le terrain et plus de 9 500 en laboratoire.

Relancer Tchernobyl comme site énergétique

Au regard de cette situation satisfaisante, l’Ukraine souhaite ainsi « développer le secteur énergétique et restaurer le potentiel industriel dans la zone d’exclusion ». D’une part, la SAUEZM a signé un protocole d’accord de partenariat et de coopération avec la corporation Ukratominstruments (Instruments et systèmes atomiques ukrainiens) « afin de mettre en place un modèle d’économie circulaire dans la zone d’exclusion, de développer les énergies renouvelables, de réduire la contamination radioactive et de prévenir les incendies de forêt de grande ampleur. »

D’autre part, un travail a été mené conjointement avec la branche « Atomprojectengineering » d’Energoatom – l’entreprise publique ukrainienne de production d’énergie nucléaire – pour l’implantation de petits réacteurs modulaires (SMR) sur la zone. Deux sites potentiels ont été identifiés : les villages de Kopachi et de Leliv, situés à moins de 10 kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl dans la zone d’exclusion.

Vers un stockage géologique ukrainien

Des travaux ont également été menés en 2025 en vue de la création d’un site de stockage géologique ukrainien pour les déchets radioactifs et le combustible nucléaire usé. Une réunion du conseil technique et d’ingénierie de l’entreprise d’État spécialisée pour la gestion des déchets radioactifs a permis d’identifier des sites prometteurs grâce à la « constitution d’une base de données géologiques et géophysiques, obtenues à la suite de travaux d’exploration géologique menés dans la zone d’exclusion et les territoires adjacents. » Un programme de caractérisation des sites prometteurs a été lancé, ce qui devrait aboutir à l’élaboration des documents de conception de base du dépôt. ■

Par François Terminet (Sfen)

Image : Vue aérienne de la centrale de Tchernobyl, Source : Chornobyl NPP