Le Japon envisage une petite île du pacifique pour stocker ses déchets nucléaires
Le Japon explore une nouvelle piste pour le stockage géologique de ses déchets nucléaires de haute activité. L’île isolée de Minami-Torishima, dans le Pacifique, pourrait faire l’objet d’études préliminaires, dans un processus de sélection qui pourrait s’étendre sur plusieurs décennies.
L’île de Minami-Torishima, située dans le Pacifique à près de 2 000 km du Japon, fait désormais partie des sites étudiés pour accueillir un stockage géologique de déchets nucléaires de haute activité. Ce petit bout de terre s’étend sur moins de 1,5 km. Il s’agit du quatrième site étudié par le gouvernement, alors que des études documentaires ont déjà débuté à Genkaichô, dans la préfecture de Saga (Kyûshû), à Kamoenai et à Suttsuchô à Hokkaidô. Cependant, c’est la première fois que le gouvernement propose un site insulaire. Contrairement aux trois autres qui se sont portés volontaires par la voix de leurs élus, l’île de Minami-Torishima a reçu une offre du gouvernement. « Le gouvernement prend ses responsabilités » a notamment déclaré le ministre de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, Akazawa Ryôsei.
L’île ne compte aucun habitant mais est rattachée administrativement au village d’Ogasawara, malgré les 1000 km qui les séparent. Elle accueille uniquement une base des forces d’autodéfense japonaises, quelques scientifiques de l’agence météorologique nationale et une piste d’atterrissage. L’absence de population à proximité pourrait favoriser l’acceptation d’un centre de stockage géologique. Mais sa localisation, à près de 2 000 km des installations nucléaires du pays, en augmenterait très certainement les coûts de construction et d’exploitation.
Le début d’un travail documentaire
« Il est fortement probable que la zone comporte des caractéristiques favorables au stockage géologique », a déclaré le ministre. Le programme de travail s’étale sur une vingtaine d’années. Il prévoit d’abord un travail documentaire pour faire le tour des caractéristiques de la région comme les risques sismiques, volcaniques, ou autres. Cette phase doit également permettre d’engager le dialogue avec les autorités locales et les habitants, en l’occurrence la Gouverneure de Tôkyô et le maire d’Ogasawara.
Plusieurs jalons sont soumis à l’accord de ces deux élus. Par exemple, sans leurs accords, il sera impossible d’étudier plus en profondeur les sols et les eaux qui s’y trouvent avec de premiers carottages. Un second jalon des autorités sera nécessaire pour poursuivre les études plus en profondeur avec l’installation de laboratoires sur place.
Le stockage géologique, un consensus scientifique
Pour rappel, les réacteurs nucléaires ont déjà produit des déchets de haute activité qui seront à gérer sur le long terme. Ainsi, la décision de construire un stockage géologique se fait sans lien avec la politique énergétique actuelle des différents pays. Seuls la Suède et la Finlande ont débuté la construction d’un centre de stockage en profondeur. La France vise un début de construction de Cigéo, en 2027-2028.
Selon Numo, l’homologue japonais de l’Andra, le volume de déchets nucléaires produits par le parc japonais était de 27 000 colis vitrifiés, recensés en mars 2024. Le stockage géologique japonais est aujourd’hui pensé pour recevoir 40 000 colis entre un et deux kilomètres de profondeur. ■