Andrea Bachrata : francophilie, talent et leadership - Sfen

Andrea Bachrata : francophilie, talent et leadership

Élue présidente du réseau Women in Nuclear France le 13 octobre 2025, Andrea Bachrata combine expertise scientifique au CEA Iresne et engagement de longue date en faveur de l’inclusion et de la diversité.

En décembre 2025, lors de la cérémonie des prix Fem’Energia, Andrea Bachrata déclarait avec enthousiasme que : « Pour toutes celles qui en doutent encore, ces prix ne sont pas juste une récompense, ils sont une source d’inspiration. » Une phrase qui reflète parfaitement son parcours personnel et professionnel.

Née en 1986 en Tchécoslovaquie, trois ans avant la Révolution de Velours, elle grandit dans un pays en pleine mutation post-soviétique. Sur les bancs du lycée, sa passion pour les mathématiques et son goût pour la langue française s’affirment. « Se projeter dans l’avenir, c’était composer entre émancipation et tradition », se souvient-elle. À la surprise de ses parents, elle rêvait déjà de vivre un jour en France.

Des mathématiques au nucléaire

En 2004, encouragée par son père, ingénieur à la centrale nucléaire de Bohunice, la jeune Slovaque choisit des études en génie nucléaire à l’Université technique de Prague (ČVUT). Toujours grâce à lui, elle découvre le réseau WiN Global, qui soutient à l’international les femmes exerçant dans les métiers du nucléaire. Après des stages en Suède, en Allemagne et en France au CEA, Andrea approfondit sa compréhension des accidents graves et « choisit la France, un pays qui l’inspire et qui joue un rôle majeur dans le nucléaire ». En 2012, elle soutient sa thèse à l’IRSN sur la modélisation du renoyage d’un coeur fortement dégradé.

Au sein du CEA

Plus qu’une expérience professionnelle, son installation en Provence marque un nouveau chapitre de sa vie avec son mari, lui aussi expatrié. Depuis 2012, la francophile évolue au sein des trois laboratoires du CEA Iresne, l’Institut de recherche sur les systèmes nucléaires pour la production d’énergie bas carbone. Après une décennie passée sur le projet Astrid en tant qu’ingénieure chercheuse, elle coécrit l’ouvrage Severe Accidents in Sodium Fast Reactors (Elsevier Science & Technology, 2024). En 2022, elle prend la direction du Laboratoire d’études et d’expérimentations pour les accidents graves (LEAG), où elle pilote l’équipe expérimentale de la plateforme Plinius, qui étudie le comportement des coriums prototypiques (masse de combustible simulée en laboratoire pour reproduire un accident grave).

Depuis le 1er octobre 2025, elle relève un nouveau défi comme cheffe du laboratoire d’Études des combustibles (DEC), centré sur la plateforme Pleiades, dédiée à la modélisation et à la simulation de combustibles innovants pour toutes les filières de réacteurs.

Modèle féminin

Tout au long de sa carrière, Andrea a multiplié les distinctions. En 2012, jeune doctorante, elle reçoit le prix L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science. En 2020, elle est lauréate du prix WiN régions, puis, en 2021, du WiN Global Nuclear Future Award. Son engagement pour la filière se manifeste également sur la scène internationale. En 2021, elle participe à la COP26 à Glasgow avec l’équipe Nuclear for Climate et, en 2024, elle rejoint la cohorte des Franco-British Young Leaders. Elle encourage les femmes à s’affirmer dans un secteur encore trop marqué par les stéréotypes de genre : « Osez être visibles, osez prendre votre place ! » « Faire rayonner WiN, c’est ma passion », ajoute-t-elle fièrement, alors qu’elle en prend officiellement la présidence en octobre 2025.

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À propos des Prix Fem’ Energia

Chaque année, WiN France, WiN Global et EDF, en partenariat avec l’Institut de France et l’Académie des sciences, décernent le prix Fem’Energia pour encourager et soutenir financièrement des femmes passionnées par le secteur du nucléaire.

Prix Fem’Energia 2025