22.05.2018

Le Japon maintient un objectif de 20 – 22 % de nucléaire en 2030

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Par Boris Le Ngoc (SFEN)

Le gouvernement japonais maintient son objectif de 20 % à 22 % d’énergie nucléaire dans la production d’électricité d’ici 2030. La semaine passée, le ministère de l'Economie et de l'Industrie (METI) a présenté sa stratégie énergétique pour l’Archipel. Le projet pourrait être adopté cet été.

Vers la construction de nouvelles tranches ?

Dans ce projet, le gouvernement a réaffirmé son soutien à la politique du cycle fermé et a rappelé sa volonté d’exporter les technologies nucléaires nippones.

Surtout, le « METI » a indiqué vouloir « intensifier ses efforts pour atteindre l'objectif » de 20 - 22 % d’électricité nucléaire en 2030. Il a ainsi laissé la porte ouverte pour une exploitation des réacteurs jusqu’à 60 ans et pour la construction de nouvelles unités.

Pour le Forum industriel atomique du Japon, une trentaine de réacteurs serait nécessaire pour produire un quart de l’électricité du pays. Un objectif atteignable, si les réacteurs redémarrés démontrent qu’ils sont en mesure d’être exploités au-delà de 40 ans (échéance fixée par la réglementation post-Fukushima).

A moyen-terme, les énergies fossiles continueront de dominer le mix électrique.

Le gouvernement reste également ouvert à la construction de nouvelles unités, lesquelles pourraient contribuer à atteindre les objectifs que s’est fixé le Japon en matière de réduction des émissions de CO2 : -26 % en 2030 (par rapport à 2013) et - 80 % d'ici 2050. Le Japon estime qu’à long terme l’énergie nucléaire restera une composante clé de la décarbonation de son économie.

En 2030, toujours autant de fossiles

Le gouvernement veut également développer les énergies renouvelables. Celles-ci devraient représenter 22-24 % de la production d’électricité en 2030. Pour y parvenir, le gouvernement souhaite améliorer leur compétitivité : actuellement 1 kilowattheure d'électricité solaire coûte 24 yens (22 cents), soit 2,5 fois plus qu'en Allemagne.  

A moyen-terme, les énergies fossiles continueront de dominer le mix électrique. Le gouvernement estime que le charbon et le gaz pourraient fournir 56 % de l’électricité, contre 83 % en 2016 (et 65 % en 2010).

Les importations de charbon et de gaz ont considérablement augmenté, entraînant une hausse de la facture d’électricité, préjudiciable pour toute l’économie japonaise, des particuliers aux entreprises.

Huit réacteurs redémarrés

En 2011, après l’accident, le Japon a arrêté ses 42 réacteurs. Selon l'AIEA, l’atome a produit en 2017 un peu moins de 4 % de l’électricité de l’archipel.

Il y a quelques jours, l'unité 4 de la centrale d’Ohi a été redémarrée, portant ainsi à huit le nombre de réacteurs en exploitation.