15.10.2019

Electrabel recommande la prolongation de trois réacteurs nucléaires

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Gaïc Le Gros (SFEN) - Crédit photo EDF - Filiz 76

Le président d’Electrabel, Johnny Thijs, a déclaré vouloir prolonger l’exploitation de trois réacteurs nucléaires au-delà de 2025, date théorique de la sortie du nucléaire belge. L’abandon de l’atome est réglé par la loi du 31 janvier 2003 qui a été modifiée en 2013 et en 2015 pour prolonger la durée d'exploitation de 10 ans de trois réacteurs, Tihange 1, Doel 1 et Doel 2.

Les écologistes soutiennent le gaz, énergie fortement émettrice de gaz à effet de serre

Les écologistes belges (Ecolo et Groen) ont milité pour l’abandon du nucléaire au profit du gaz, une stratégie assumée. Les écologistes souhaitent le remplacement du nucléaire (12g de CO2/kwh) par de nouvelles centrales à gaz (500g de CO2/kwh). « Une phase de transition », a plaidé Samuel Cogolati, député fédéral du parti Ecolo, sur le plateau de l'émission CQFD du lundi 07 octobre.

8 millions de tonnes de Co2 par an

« On fera de notre mieux pour que (le gouvernement) ait tous les éléments en main pour prendre une décision. Et quand je regarde l’impact d’une prolongation sur la sécurité d’approvisionnement, sur les émissions de CO2, et sur les prix, je me dis que mon dossier n’est pas trop mal », a déclaré Johnny Thijs.

Selon le président d’Electrabel, un investissement de 1,3 milliard d’euros permettrait de prolonger trois réacteurs nucléaires, évitant ainsi le rejet de 8 millions de tonnes de Co2 par an tout en sauvegardant une partie des emplois de la filière électronucléaire. Sans le nucléaire, la Belgique n’atteindra jamais les objectifs climatiques qu’elle s’est fixés lors des accords de Paris.

La Belgique dispose de 7 réacteurs répartis sur deux centrales, Doel et Tihange. Les tranches Doel-1 et Tihange 1 et 2 ont vu leur exploitation prolongée de 10 ans en 2015. Les réacteurs qui pourraient être prolongés jusqu’à 60 ans seraient Tihange 1 et 3 et Doel 4.

Selon les chiffres d’Elia, le gestionnaire du réseau électrique belge, en mars 2019, le mix électrique belge était d’origine nucléaire à 60 %, éolienne (9 %), solaire (4 %), et fossiles (27 %).