[Vidéo] EPR2 : 72,8 milliards d’euros, un coût à remettre en perspective - Sfen

[Vidéo] EPR2 : 72,8 milliards d’euros, un coût à remettre en perspective

Publié le 16 février 2026

La nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) engage la France dans la construction de six réacteurs EPR2 d’ici 2038, pour un devis maximal estimé par EDF à 72,8 milliards d’euros. Un montant spectaculaire, souvent cité sans véritable mise en perspective. Comparaisons, ordres de grandeur et enjeux stratégiques : que signifie réellement cet investissement pour la transition énergétique française ?

Tout juste publiée, la nouvelle PPE marque un tournant majeur. Après une trajectoire qui prévoyait la fermeture de quatorze réacteurs, elle acte désormais la relance du nucléaire avec la construction d’au moins six EPR2 à l’horizon 2038. Le coût estimé par EDF — jusqu’à 72,8 milliards d’euros — interpelle.
Comme souvent avec les grands programmes industriels, les montants donnent le vertige. Millions, milliards… sans repères concrets, les chiffres restent abstraits. C’est précisément l’objectif de la vidéo proposée par la Sfen : offrir des comparaisons simples pour mieux appréhender ce que représente un tel investissement.

La transition énergétique et la souveraineté électrique de la France impliquent des choix ambitieux. À première vue, ces montants peuvent paraître considérables. Pourtant, l’investissement dans le programme EPR2 est à la fois stratégique et indispensable. Son coût doit être mis en regard de celui de l’inaction.
Il s’agit par ailleurs d’une pièce maîtresse parmi d’autres investissements énergétiques, mais pas d’une pièce comme les autres : le nucléaire promet jusqu’à soixante ans d’électricité bas carbone, pilotable, disponible à toute heure et à un coût compétitif.

Financement et Fid

Désormais, une question décisive s’impose : comment ce programme sera-t-il financé ? La décision finale d’investissement est attendue d’ici fin 2026. En France, lors du Conseil de politique nucléaire du 17 mars, le gouvernement a annoncé un prêt à taux bonifié couvrant au moins la moitié des coûts de construction, ainsi qu’un contrat pour différence (CFD) inférieur à 100 €/MWh. Des mesures confirmées dans la PPE3.

Ces engagements restent toutefois conditionnés à l’approbation de la Commission européenne, au titre des règles relatives aux aides d’État applicables au programme EPR2. Selon EDF, le plan français a été transmis à la Commission le 19 novembre 2025. La poursuite du projet dépend désormais de la décision de Bruxelles. ■

Par Floriane Jacq et Ludovic Dupin, Sfen

Copyright image et vidéo : ©Sfen