Washington lance Uprise pour ajouter 5 GW au parc nucléaire existant d’ici 2029
Après s’être penché sur le nouveau nucléaire, le gouvernement américain s’attaque à l’amélioration de l’existant. Le DOE a lancé un nouveau programme d’optimisation ambitieux, cherchant à accroître la capacité nucléaire de 2,5 GW d’ici 2027 et de 5 GW d’ici 2029.
Pour réussir à tenir son objectif de 400 GW de capacité nucléaire d’ici 2050, soit un quadruplement de l’existant, le gouvernement américain doit solliciter tous les leviers à sa disposition. Après avoir cherché à faciliter la construction de nouvelles unités, le DOE se penche maintenant sur l’existant. Ainsi le jeudi 12 mars 2026, l’exécutif a lancé le programme Uprise (Utility Power Reactor Incremental Scaling Effort). Il vise à accroître les capacités actuelles de 2,5 GW d’ici à 2027 et de 5 GW d’ici à 2029 ou 2030.
« S’appuyant sur des technologies nucléaires éprouvées et des processus réglementaires simplifiés, Uprise prévoit d’obtenir des résultats immédiats qui accéléreront la croissance de l’énergie nucléaire et favoriseront l’innovation afin de répondre aux besoins énergétiques urgents du pays », souligne le DOE dans un communiqué. Le programme cherche ainsi à préparer le pays à l’augmentation des besoins électriques du secteur industriel américain, portés par les projets de centres de données et le développement de l’intelligence artificielle.
Améliorer l’existant
L’initiative Uprise s’articulera autour de trois axes majeurs : la prolongation de la durée de fonctionnement de réacteurs, l’augmentation de la puissance de production, et la remise en service des installations nucléaires inactives. Le DOE explique que dans un premier temps le programme s’attachera à soutenir la modernisation ou la montée en puissance d’unités nucléaires existantes. Cela passera notamment par des accompagnements dans la chaîne d’approvisionnement, l’évaluation des équipements ou encore pour la construction des modèles économiques « pour étayer les décisions d’investissement ». Uprise participera aussi aux réflexions pour « simplifier les procédures réglementaires, faire progresser les combustibles nucléaires et mettre en œuvre des initiatives pour la main-d’œuvre, jetant ainsi les bases des futurs déploiements nucléaires », note le DOE.
Des pistes à l’étude
Dans un second temps, l’Office for nuclear energy et l’Office of Energy Dominance Financingorganiseront des « ateliers de mise en relation afin de faciliter la conclusion d’accords de collaboration entre les exploitants de centrales nucléaires et les utilisateurs finaux ». Uprise servira ainsi de cadre et de zone de rencontre. L’Office of Energy Dominance Financing entité dispose d’une capacité de prêt d’environ 289 milliards de dollars et peut financer jusqu’à 80 % « des coûts admissibles des projets de modernisation des centrales nucléaires à des taux d’intérêt avantageux », rappelle le gouvernement. Ce fonds a déjà joué « un rôle déterminant dans la réussite des mises en service des tranches 3 et 4 de Vogtle et est actuellement utilisé pour soutenir la remise en service de la centrale nucléaire de Palisades et du centre d’énergie propre de Crane », rappelle le DOE.
Au-delà du programme Uprise, le gouvernement américain est déjà impliqué dans la hausse des capacités nucléaires existantes, notamment au travers d’aides pour le redémarrages de réacteurs qui étaient préalablement arrêtés définitivement. C’est notamment le cas pour Palissades (805 MWe). Arrêtée définitivement en 2022, l’unité devrait reprendre du service d’ici à la fin 2025. Dans ce cadre, son opérateur Holtec a débloqué auprès du DOE une garantie de prêt pouvant atteindre 1,52 md$. En novembre 2025, le département avait aussi finalisé un prêt de 1 md$ à Constellation Energy pour le redémarrage de la centrale de 835 MW de Three Miles Island. ■