17.07.2017

La start-up Moltex Energy s’allie à Deloitte pour se développer

La start-up Moltex Energy s’allie à Deloitte pour se développer
Réacteur de 4e génération,
Start-up,
Sels fondus
Par la rédaction

Moltex Energy a demandé à l’autorité de sûreté canadienne d’examiner son concept de réacteur en vue d’une certification et s’associe à Deloitte pour lever les fonds nécessaires.

Le mois dernier, Moltex Energy a annoncé vouloir poursuivre les phases 1 et 2 de certification de son concept de réacteur à sel fondu, baptisé « Stable Salt Reactor » (SSR). La start-up britannique affirme ainsi son ambition d’acquérir le leadership technologique sur les réacteurs à sel fondus. En effet, aucune autre entreprise n’est encore allée aussi loin en engageant un processus d’autorisation de cette technologie de « 4e génération ».

Pour financer cette étape, la start-up s’est adjoint les services du cabinet Deloitte pour lever les fonds nécessaires et identifier de futurs partenaires. D’ici la fin de l’année, Deloitte et Moltex Energy souhaitent identifier de nouveaux investisseurs pour soutenir le projet.

Dans un communiqué, Daniel Grosvenor, responsable nucléaire chez Deloitte, a déclaré : « Nous sommes ravis d'avoir été choisis par Moltex Energy pour aider à planifier son examen de pré-certification au Canada. La technologie a été approuvée par un certain nombre d'entreprises d'ingénierie nucléaire et de personnalités respectées de l'industrie. La technologie Stable Salt Reactor  a un fort potentiel pour faire une différence radicale sur la façon dont l'énergie nucléaire est perçue – à savoir une forme sûre, fiable et peu coûteuse de production bas carbone. Un intérêt plus grand encore pourrait être sa capacité à réduire considérablement les inventaires mondiaux de combustible nucléaire usé et son fardeau financier pour les générations futures ».

Un vivier de start-up dans les « sels fondus »

Les réacteurs à sels fondus présentent un concept innovant où le fluide caloporteur est un sel fondu. L’avantage des réacteurs à sel fondus réside principalement dans son fonctionnement à pression ambiante, ce qui limite les besoins de sûreté, et donc les infrastructures, ainsi que par la capacité des sels fondus à pouvoir permettre l’utilisation de combustible usé retraité pour fonctionner.

Si Moltex Energy est désormais l’entreprise la plus avancée sur cette technologie, elle n’est pas la seule sur ce créneau[1]. Terrestrial Energy, une start-up canadienne, propose ainsi un autre concept, modéré au graphite. La Chine, via le Shanghai Institute of Applied Physics, planifie de construire un réacteur à sel fondu au thorium dans les prochaines années. Les Etats-Unis ont eux plusieurs projets, dont celui de Flibe Energy, un concept de réacteur au thorium, celui du MIT, Transatomic Power Reactor, celui de l’Université de Berkeley et celui d’Oak Ridge National Laboratory. La France, via le CNRS, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Russie, le Japon et le Danemark travaillent aussi sur des projets de réacteurs à sels fondus.

Un préalable requis avant la construction et l’exploitation

Dans la phase 1 de certification demandée par Moltex Energy, l’autorité de sûreté canadienne va examiner la documentation afin d'évaluer si la conception prévue est conforme aux exigences réglementaires.

La phase 2 est axée sur l'identification des obstacles fondamentaux potentiels à l'autorisation de la conception du réacteur au Canada. Elle sert à donner à la CCSN des assurances suffisantes quant à la prise en compte par le fournisseur des exigences de la CCSN en matière de conception. La CCSN examine alors si les questions de sûreté génériques et en suspens ont été résolues. L’autorité de sûreté canadienne réalise en outre une vérification du processus de conception afin de vérifier s'il a été mis en œuvre correctement et conformément aux politiques et aux procédures du fournisseur.

Si ces les phases 1 et 2 sont concluantes, Moltex Energy pourra demander l’examen de la phase 3 auprès de CCSN, préalable requis avant l’autorisation de construction, et de l’autorisation d’exploitation. Comme l’explique la CCSN sur son site internet, cette phase « peut s’effectuer sur plusieurs années, avec un coût proportionnel à la portée et à la profondeur de l’examen ».

1.

Panorama mondial des systèmes de Génération IV. François Gauché, Joël Guidez, RGN N°2, 2017.