09.07.2020

Pologne, transition énergétique et nucléaire

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Pologne,
Transition énergétique,
Climat
Gaïc Le Gros (SFEN)

Lors d’une visio-conférence (webchat) organisée par l’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le ministre polonais du climat, Michal Kurtyka, s’est longuement exprimé sur la transition écologique du pays dont le nucléaire doit être un élément central : petits réacteurs modulaires (SMR), réacteurs de puissances, production d’électricité, de chaleur, d’hydrogène, le ministre a abordé de long en large et en travers les futurs usages du nucléaire en Pologne.

Pour sa transition énergétique, la Pologne souhaite construire ses premiers réacteurs nucléaires afin d’assurer la sécurité d’approvisionnement du pays et la compétitivité de son industrie tout en visant la neutralité carbone dans la deuxième moitié du siècle. Le pays dispose aujourd’hui d’un réacteur de recherche dédié à la production de radioisotopes pour le secteur médical (MARIA) mais d’aucune centrale nucléaire.

Afin d’abaisser la part du charbon dans la production électrique de 80 % à 32 % d’ici à 2040, le gouvernement souhaite construire une série de réacteurs dont le premier dès 2026 pour un total de 6 réacteurs en 2040. Le pays développe également les énergies renouvelables notamment le solaire et l’éolien offshore en mer Baltique, Michal Kurtyka a souligné à la fois l'importance des renouvelables et leur montée en compétitivité tout en précisant : « il ne s’agit pas seulement de comparer les coûts de l’électricité avec telle ou telle technologie mais de savoir si nous pouvons satisfaire l’ensemble du spectre de la demande, 365 jours par an, 24 heures par jour, que le soleil brille et que le vent souffle ou non ».

Un intérêt prononcé pour les usages non-électrogènes

Le ministre a détaillé les enjeux de production de chaleur en particulier pour décarboner l’industrie chimique. Le pays s’intéresse à la technologie des réacteurs à haute température refroidi au gaz (HTGR) soit pour la seule production de chaleur soit en cogénération avec une production électrique. Des discussions sont poursuivies avec l’Agence atomique du Japon (JAEA) sur cette technologie, le réacteur test à haute température (HTTR) de 30 MW a d’ailleurs reçu le feu vert de l’Autorité de sûreté japonaise (NRA) pour mettre le réacteur en accord avec les nouveaux standards de sûreté en vue de son redémarrage.

« Le CO2 n’est pas seulement émis par la production d’électricité mais également par le secteur du transport et ces dernières années ces émissions ont rapidement augmentée. La production d’hydrogène d’origine nucléaire notamment grâce aux HTGR, à un rôle à jouer pour la production d’un hydrogène bas carbone », a déclaré Michal Kurtyka.

La Pologne souhaite s’assurer que le modèle de financement de ces réacteurs assurera la compétitivité de l’énergie nucléaire, « avoir un modèle de financement efficace est l’élément clé pour la mise en place de notre solution énergétique », a-t-il également déclaré.