Pologne : OSGE mise sur le CfD pour financer sa première flotte de SMR - Sfen

Pologne : OSGE mise sur le CfD pour financer sa première flotte de SMR

Publié le 27 juillet 2026 - Mis à jour le 28 juillet 2026

Orlen Synthos Green Energy (OSGE) a demandé au gouvernement polonais la mise en place d’un contrat pour différence (CfD) pour soutenir le déploiement de 14 BWRX-300 sur trois sites. Déjà utilisé pour sécuriser le financement de grands projets nucléaires en Europe, ce mécanisme doit offrir une visibilité à long terme sur les revenus et faciliter le financement de cette première flotte de SMR polonais.

Fin juin, Orlen Synthos Green Energy (OSGE), l’entreprise chargée de déployer les petits réacteurs nucléaires en Pologne, a sollicité le ministère polonais de l’Énergie afin de mettre en place un dispositif de soutien financier : le contrat pour différence (CfD).  Celui-ci vise à accompagner la construction d’une première flotte de petits réacteurs modulaires BWRX-300.

« L’entreprise demande un contrat pour différence pour 14 unités réparties sur trois sites », indique le communiqué de presse. Cette demande constitue une première étape dans le programme de déploiement d’OSGE, qui ambitionne à terme d’installer jusqu’à 26 réacteurs BWRX-300 à travers la Pologne. La première unité BWRX-300 serait mise en service en 2032 à Włocławek, selon le porteur du projet.

Le CfD, un levier stratégique pour accélérer le déploiement des SMR en Pologne

Le CfD permet de réduire de manière significative le risque financier des projets nucléaires en garantissant aux investisseurs un prix stable et prévisible pour l’électricité produite. Dans un projet nucléaire, le risque principal est l’incertitude sur le prix futur du marché de l’électricité. Il peut varier considérablement sur plusieurs décennies. Le CfD répond à cette incertitude en fixant à l’avance un “prix d’exercice” ou strike price. Lorsque le prix de marché est inférieur à ce prix d’exercice, l’État verse au producteur la différence ; à l’inverse, si le prix de marché est supérieur, c’est le producteur qui reverse l’excédent à l’État. Ce mécanisme transforme un revenu volatil en un flux financier stable, ce qui rassure les investisseurs privés et diminue le coût du capital.

Le mécanisme n’est d’ailleurs pas inédit pour le nucléaire européen : il s’est progressivement imposé comme l’un des principaux soutient pour la construction de grand réacteur. Il a été retenu au Royaume-Uni pour financer les deux EPR d’Hinkley Point C. Plus récemment, ce principe a également été choisi pour la centrale de Dukovany en République Tchèque et intégré au dispositif de soutien à la première centrale nucléaire polonaise. La France prévoit également de recourir à ce mécanisme de pour sécuriser le financement de son programme de six EPR2.

Son utilisation pour une flotte de BWRX-300 prolongerait donc un modèle déjà employé pour de nouveaux réacteurs de grande puissance, en l’adaptant à une logique de déploiement en série de SMR.

L’approbation du CfD jouera aussi un rôle clé pour la construction d’une chaîne d’approvisionnement solide des petits réacteurs modulaires en Pologne. « Grâce aux économies d’échelle, à la standardisation et à la modularisation, nous réduirons le coût unitaire et, par conséquent, créerons un modèle de production d’électricité attrayant pour les clients individuels et industriels », a déclaré Rafał Kasprów, PDG de OSGE.

En route vers Bruxelles

Cette demande doit servir de base au gouvernement polonais pour élaborer le dossier de notification qui sera ensuite soumis à la Commission européenne en vue de l’approbation du dispositif de soutien. « Nous sommes confiants que notre cas sera similaire, surtout compte tenu du soutien croissant et de l’attitude positive envers les projets SMR à Bruxelles », a déclaré Bartosz Fijałkowski, vice-président du conseil d’administration de l’OSGE. La validation, en décembre 2025, du dispositif de soutien public destiné à la première centrale nucléaire polonaise, qui intégre également un CfD, constitue un signal encourageant pour l’approbation de la demande pour les SMR. ■

Par Floriane JACQ, Sfen

Image: ©OSGE