25.06.2019

Point Canicule, les centrales nucléaires françaises bien préparées

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Canicule,
sûreté nucléaire,
EDF
la rédaction (SFEN)

Un épisode caniculaire précoce, premier de l’année 2019, a démarré cette semaine, avec des températures de l’air pouvant dépasser les normales de plus de 8°C, variant de 35 à plus de 40°C. Pour les prochains jours, le scénario le plus probable pour les centrales nucléaires en France est de poursuivre leur programme production dans les conditions normales de fonctionnement. 

Quand les températures augmentent fortement, celles des cours d’eau en amont des sites nucléaires évoluent en conséquence à la hausse. « Cette année, la fonte des bassins alpins a pris du retard du fait de la fraîcheur du mois de mai. Elle est désormais bien engagée, entraînant des débits élevés, notamment sur le Rhône, ce qui limite l’échauffement des températures des fleuves », signale Cécile Laugier, Directrice Environnement et prospective chez EDF.  Par anticipation, le groupe suit avec vigilance tout épisode de forte chaleur/canicule et de hausse de température des cours d’eau et anticipe la situation par rapport aux limites d'autorisation de rejet, fixées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

La résilience des centrales nucléaires face aux épisodes de sécheresse ou de canicule
 

Le producteur d’électricité, EDF, a pris de nombreuses mesures d’adaptation en prévision des épisodes de canicule et assurer la sécurité d’approvisionnement en électricité du pays, même en cas de très fortes chaleurs. Les retours d’expérience des canicules de 2003, 2006 - et dernièrement de 2018 dans une moindre mesure -, et dans la perspective de la multiplication d’événements extrêmes de cette nature, ont incité EDF a engager en 2008 un projet « Grands chauds ». Des modifications destinées à renforcer la robustesse des installations vis-à-vis de l’accroissement des températures de l’air et de l’eau avaient alors été apportées, comme par exemple, une augmentation des capacités des groupes froids et de production d’eau glacée, des échangeurs eau/eau, et un rembobinage de certains moteurs. Des travaux importants de réhabilitation de certains aéroréfrigérants avaient aussi été conduits pour assurer un refroidissement plus efficace de l’eau avant rejet, voire produire plus avec une quantité d’eau moindre. Enfin, une rénovation complète des stations de surveillance des paramètres physico-chimiques de l’eau a permis de sécuriser les mesures dans l’environnement, notamment de la température. 

Une ré-interrogation tous les 5 ans 

La stratégie d’adaptation opérationnelle aux changement climatique retenue par EDF pour les centrales nucléaires se fonde sur une ré-interrogation des évolutions climatiques. Deux mises à jour ont été réalisées en 2009 et 2014 ; leurs conclusions n’ont pas remis en cause les valeurs de température retenues pour le référentiel « Grands chauds ». Les conséquences de ces ré-interrogations sur les ouvrages sont toutefois intégrées dans les études et travaux réalisés lors des réexamens décennaux. « C’est un des volets du 4ème réexamen périodique des centrales de 900 MWe qui démarre », conclut Cécile Laugier.