13.10.2020

Le parc nucléaire japonais en 2020

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Japon,
Parc nucléaire
Gaïc Le Gros (Sfen) - Crédit photo ©Bunbu Ran

Suite à la démission de Shinzo Abe pour des raisons de santé, les parlementaires ont élu un nouveau Premier ministre[1] le 14 septembre 2020, Yoshihide Suga. Dans la lignée de son prédécesseur, celui-ci a déclaré que « son administration était fermement résolue à garantir un approvisionnement stable en énergie pour le pays », sans toutefois donner plus de précisions. C’est l’occasion de faire le point sur la situation du parc nucléaire japonais.

Dès 2015, le gouvernement a fixé comme objectif un retour du nucléaire à hauteur de 20-22 % du mix électrique en 2030, objectif réaffirmé en 2018 dans son 5ème plan pluriannuel de l’énergie. Pourtant en 2017, la part du nucléaire ne représentait que 3,1 % du mix électrique[2]. Le charbon et le gaz (GNL) restent les énergies dominantes, représentant respectivement 32,7% et 39,8% du mix électrique. L’hydraulique représente 8 % pour un total de 16 % d’énergies renouvelables. Ainsi, si le taux d’indépendance énergétique du Japon pré-Fukushima s’élevait à 20%, il n’était plus que de 9,6% en 2017, l’amenant à l’avant-dernière place des pays de l’OCDE.

Depuis la catastrophe de 2011, les opérateurs japonais ont soumis à l’Autorité de sûreté (NRA) des dossiers de demande de redémarrage pour 25 réacteurs, dont 16 ont été approuvés et 9 réacteurs ont pu redémarrer. Vingt-quatre réacteurs seront quant à eux, démantelés. A noter qu’une fois le dossier de remise aux normes post-Fukushima validé par la NRA, l’opérateur doit encore obtenir le feu vert des autorités locales pour reprendre l’exploitation de la tranche.

Concernant les perspectives de construction on compte deux chantiers mis en pause depuis 2011 et un nouveau projet.

Un dossier a été déposé par J-Power pour la reprise de la construction de la centrale nucléaire d’Ôma, au nord du Japon, avec une première tranche ABWR (1400 MWe) pour laquelle 40 % des travaux ont déjà été réalisés. Chûgoku EPCO (ouest du Japon) a déposé un dossier en 2018 pour finaliser la construction d’une troisième unité (ABWR, 1400 MWe) à Shimane, dont 94 % des travaux ont été réalisés. Enfin, Tokyo EPCO (TEPCO), qui n’a pas encore déposé de dossier à la NRA, a pour  projet de construction d’une nouvelle tranche à Higashidôri[3], au nord du Japon.

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[1] Parti libéral démocrate (PLD).

[2] https://www.enecho.meti.go.jp/en/category/brochures/pdf/japan_energy_201...

[3] https://www.sfen.org/rgn/japon-exploitant-tepco-relance-projet-construct...