13.06.2017

Le nucléaire au service de la réussite des territoires

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Territoire
Par la rédaction

​Pour la première fois la SFEN publie un atlas des régions françaises qui rend compte de l’ancrage de l’industrie nucléaire dans les territoires, de sa contribution à leur dynamisme économique, et enfin de son apport aux projets de transition écologique et solidaire.

Le nucléaire, acteur engagé pour le dynamisme économique des territoires

En un demi-siècle, les usines, les centrales et les centres de recherche ont contribué à structurer l’identité et la vie locales. Troisième filière industrielle, la filière nucléaire rassemble 220 000 professionnels et 2 500 entreprises avec des installations de pointe partout en France, dans des domaines d’activité qui vont de l’énergie à la santé.

D’ici à 2020 [1], la filière recrute chaque année près de 8 000 professionnels. Deux fois plus qualifiés que la moyenne de l’industrie [2], les emplois de la filière sont durables, et en grande majorité non délocalisables. Par ailleurs, en maîtrisant l’ensemble de la chaîne de valeur de la production nucléaire, la filière française capte une plus grande proportion des emplois et n’est tributaire d’aucun savoir-faire technologique ni industriel étranger.

Pour s’assurer du renouvellement de ses compétences, l’industrie mise plus que jamais sur la qualité de ses formations. Dans ce contexte, le support des collectivités locales, particulièrement des régions, est essentiel pour renforcer ces formations qui permettront de former un vivier d’ingénieurs et de techniciens de haut niveau. Les formations nucléaires françaises figurent d’ailleurs parmi les plus réputées et attirent des étudiants venus des quatre coins du monde.

Au-delà des emplois directs et indirects, l’industrie nucléaire génère 190 000 emplois induits et participe à la vitalité des territoires, notamment ruraux, ou ceux touchés par la désindustrialisation. Avec un pouvoir d’achat plus important que la moyenne des Français [3], les professionnels du secteur dynamisent le tissu économique local. Sur le plan industriel, la filière continue d’investir dans les territoires où elle se trouve en privilégiant la commande à des entreprises locales pour moderniser ses installations. A titre d’exemple, les centrales nucléaires de Penly et de Paluel (Normandie) ont passé en 2014 un tiers de leurs marchés auprès d’entreprises locales. De son côté, l’usine de traitement des combustibles de La Hague effectue trois quarts de ses achats dans la région.

La filière nucléaire rassemble 220 000 professionnels et 2 500 entreprises avec des installations de pointe partout en France

Le savoir-faire français, mondialement reconnu, bénéficie à l’ensemble de la filière et permet à de nombreuses entreprises d’exporter jusqu’en Chine. Cette notoriété permet aussi d’accueillir les ingénieurs et les chercheurs du monde entier autour de projets uniques comme ceux menés à Cadarache (Provence-Alpes-Côte d’Azur) : le démonstrateur de fusion nucléaire ITER et le réacteur de recherche Jules Horowitz, outil expérimental d’irradiation et producteur de radioéléments pour la médecine. Sa haute technicité attire aussi les start-up et les entreprises d’autres industries, soucieuses d’apporter leur expertise pour développer des solutions innovantes dans la robotique ou la métallurgie. Pour être l’un des pays qui inventera le nucléaire de  demain, la filière s’engage pleinement dans l’industrie du futur et déploie les technologies numériques dans l’ensemble de la chaîne de valeur pour accélérer les temps d’innovation et gagner en compétitivité. 

En plus de produire de l’électricité, le nucléaire développe de nouvelles applications, particulièrement dans le domaine de la santé. La médecine nucléaire est non seulement devenue un outil indispensable dans le diagnostic des cancers et de certaines maladies comme Alzheimer, mais elle joue également un rôle majeur en matière de radiothérapies. Sur l’ensemble du territoire, une vingtaine de cyclotrons produisent quotidiennement les radio-isotopes utilisés dans les hôpitaux. Là aussi, le nucléaire innove. À Bessines-sur-Gartempe (Nouvelle-Aquitaine) par exemple, AREVA Med développe un isotope radioactif, le plomb 212, pour cibler plus spécifiquement les cellules cancéreuses. Le réacteur Jules Horowitz, actuellement en construction à Cadarache (Gard), permettra de produire la moitié du technitium, isotope radioactif, utilisé dans des opérations de médecine nucléaire en Europe.

Le nucléaire au service de la réussite des territoires

L’énergie nucléaire est le socle de la transition écologique…

L’énergie nucléaire est le socle de la transition écologique. Grâce à elle, la France est l’un des pays industrialisés les moins émetteurs de gaz à effet  de serre au monde. En fournissant une électricité bas carbone, le nucléaire, au côté des énergies renouvelables, permet à l’Hexagone de produire 94 % [4] de son électricité sans émettre de CO2. La France a déjà atteint les objectifs d’émissions de gaz à effet de serre que se donne la plupart des pays européens… pour 2050. Les villes françaises sont de plus en plus touchées par des pics de pollution. A l’instar des énergies renouvelables, le nucléaire produit de l’électricité sans émettre ni dioxyde d’azote, ni dioxyde de soufre, ni oxyde de carbone, ni particules fines, ni de poussières, autant d’éléments responsables de la dégradation de notre environnement et de notre santé. Fort de son système électrique bas carbone, l’Hexagone peut réduire significativement la part des énergies fossiles et décarboner d’autres secteurs comme le transport. Selon une étude Bloomberg [5], la France est ainsi le pays où il est le plus intéressant de développer la voiture électrique compte tenu de la très faible intensité carbone de son électricité. En plus de réduire les émissions de CO2, le développement de l’électromobilité permettrait de lutter contre la pollution atmosphérique, les véhicules électriques n’émettant pas de gaz de combustion ni de particules fines.  Enfin, l’énergie nucléaire, parce qu’elle fournit une électricité programmable, disponible à tout instant, est un allié durable des énergies renouvelables variables. La plupart des réacteurs nucléaires en exploitation peuvent ajuster jusqu’à 80 %, à la hausse ou à la baisse, leur puissance en 30 minutes, permettant de compenser les variabilités sur le réseau et de valoriser au mieux la production d’électricité renouvelable.

…et le socle d’un système électrique solidaire

L’énergie nucléaire est aussi le socle d’un système électrique solidaire. Grâce à un réseau électrique et des centres de production répartis de manière cohérente à travers le territoire, le modèle français permet aux citoyens de payer le même tarif et de bénéficier de la même qualité de service partout, y compris dans les régions faiblement pourvues en ressources électriques comme la Bretagne [6]. Si des initiatives peuvent être engagées pour une production d’électricité individuelle, celles-ci ne doivent pas aboutir à des autarcies énergétiques régionales, qui augmenteraient les coûts de production et fragiliseraient le réseau et le système de péréquation tarifaire [7]. Dans un contexte d’urbanisation croissante des territoires et face à la nécessité de développement industriel, d’importants moyens de production sont nécessaires pour fournir  de l’électricité massivement (parcs éoliens, fermes photovoltaïques et centrales nucléaires). Plus des trois quarts de la population française habitent désormais en ville [8]. Si l’essor des nouvelles technologies dessine l’avènement des villes intelligentes capables de réconcilier développement économique, qualité de vie et protection de l’environnement, celles-ci devront s’appuyer sur une électricité bas carbone, disponible 24/24 et bon marché, comme le nucléaire.

Les sites industriels exigent aussi une sécurité d’approvisionnement sans faille. Plus de 530 sites sont directement raccordés au réseau de transport d’électricité [9]. Ils bénéficient d’une électricité stable, leur permettant de se prévenir des coupures de courant préjudiciables à leurs cycles de production, et compétitive avec un prix inférieur de 25 % au prix moyen en Europe [10]. Ces atouts renforcent l’attractivité des territoires et préviennent les délocalisations, comme le montrent les investissements de l’entreprise anglo-australienne spécialisée dans l’aluminium Rio Tinto Alcan sur son site Aluminium-Dunkerque, près de la centrale de Gravelines (Hauts de France).

1.

Ph. Varin, Président de la PFN, Le Figaro (05/02/2017)

2.

CSFN (2014)

3.

Selon l'Insee, les rémunérations des employés des centrales nucléaires dépassent de près de 50 % le salaire net moyen en France ; et près de 90 % d'entre eux bénéficient de contrats à durée indéterminée

4.

RTE (2015)

5.

Bloomberg New Energy Finance (2016)

6.

RTE (2015)

7.

Les tarifs d'accès à l'électricité sont identiques sur l'ensemble du territoire

8.

INSEE (2012)

9.

Le découpage en entités urbaines de 2010, INSEE (2011)

10.

Eurostat (2015)