Nucléaire, exportations et réseaux : RTE esquisse l’équation électrique française
Le redressement de la production nucléaire replace la France dans une situation électrique favorable, avec une électricité abondante et décarbonée permettant d’importantes exportations vers les pays voisins. Pour RTE, cet atout devra toutefois s’accompagner d’investissements croissants dans les réseaux afin de soutenir l’électrification de l’économie et de préserver la compétitivité du système électrique.
« La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) et les tensions internationales qui nous montrent l’intérêt de s’électrifier. […] Il faut engager des investissements qui représentent la plus grande valeur pour le pays » déclare Thomas Veyrenc. Ces investissements sont essentiels pour permettre à la France de garder l’avantage d’une électricité compétitive. Voici l’un des messages clés de Thomas Veyrenc, Directeur général de pôles en charge de l’Économie, de la Stratégie et des Finances chez RTE lors de la présentation de ses résultats pour 2025 et perspectives stratégiques pour 2026. Selon lui cependant, atteindre ces objectifs nécessitera des investissements massifs dans les réseaux électriques. Dans un contexte géopolitique incertain, la France peut toutefois envisager l’avenir avec sérénité grâce à un atout majeur : son parc nucléaire qui fournit une électricité abondante, décarbonée et compétitive.
« 2026 n’est pas pareil que 2022 », rassure Thomas Veyrenc. En pleine crise du gaz, 2022 s’expliquait aussi par des problèmes de production sur le parc. Aujourd’hui, «il n’y a pas de risque de ce côté » grâce au redressement de la production nucléaire. En 2025, elle a atteint 373 TWh. La France se trouve dans une position confortable avec une électricité abondante et bas carbone qui permet d’être moins exposé au prix du gaz comparé à ses voisins. D’ailleurs, le pays exporte massivement l’électricité à des prix très compétitifs. Le niveau d’échange a même « tutoyé le record d’interconnexion de 20 GW », rappelle Thomas Veyrenc.
Le chantier de l’électrification
Il reste cependant du chemin à faire. RTE rappelle que la part de l’électricité dans la consommation énergétique française est de 27 %, celle des fossiles de 60 %. La France reste ainsi exposée à des dépendances. « La crise au Moyen-Orient montre l’intérêt de s’électrifier », atteste Thomas Veyrenc. Et cela passe par l’importance cruciale des investissements dans le réseau électrique français, assure RTE. « 2025, c’est une année des augmentations des investissements », explique le directeur général. Ils ont atteint 3,346 milliards d’euros en 2025, soit plus du double du niveau de 2021. « Ces investissements paraissent importants mais ils sont inférieurs à ceux de nos voisins en Europe », affirme Thomas Veyrenc.

Le renouvellement du réseau constitue le principal poste d’investissement, représentant 40 % du montant total. C’est 17 % de plus qu’en 2024. Ce choix s’explique par l’ancienneté des infrastructures françaises comparée aux autres réseaux européens et pour l’adapter au changement climatique. « On a intérêt à très bien l’entretenir pour le faire durer le plus longtemps possible et rester sur un système de transport compétitif par rapport à ses voisins », prévient-il. RTE annonce une trajectoire d’investissement pour 2026 avec un programme d’investissement de 4,239 milliards d’euros. Pour 2026, l’objectif est de continuer d’augmenter les investissements dans le raccordement et le renforcement pour les consommateurs. Pour Thomas Veyrenc « C’est la priorité numéro 1 ».

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