“Le nucléaire peut aider à préserver la biodiversité” - Sfen

“Le nucléaire peut aider à préserver la biodiversité”

Publié le 17 mai 2016 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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Expert en biologie de la conservation, Franck Courchamp est une référence dans sa discipline. Ce quarantenaire énergique – il compte plusieurs marathons à son actif – est depuis plusieurs années directeur de recherche à l’institut national écologie et environnement du CNRS. Début 2015, il signe avec plusieurs écologues une lettre ouverte pour soutenir une réflexion sur le nucléaire, outil indispensable à la préservation de la biodiversité.

 

Franck Courchamp a suivi, selon ses mots, « un parcours d’universitaire classique ». Un doctorat de biométrie en poche, il part faire ses armes à l’étranger, traverse l’Atlantique pour travailler à l’université de Californie, à San Diego, avant de revenir en Europe, en Angleterre d’abord, à l’université de Cambridge, puis à Paris, où il rejoint le CNRS en 2000. Passionné par son métier, le scientifique aime « la complexité des systèmes, l’interaction entre les êtres et leur milieu, et la beauté de la nature ». C’est pour préserver cette harmonie qu’il a entrepris une carrière scientifique. Auteur de trois livres dont le fameux L’Écologie pour les nuls (2009), de plus de 100 publications internationales et d’un blog, il s’attache à sensibiliser le public à l’importance de la biodiversité dans nos vies. « La biodiversité est menacée. Elle décline 1 000 à 10 000 fois plus vite que les taux historiques de déclin d’espèces. Chaque jour, une dizaine d’espèces s’éteint. Il s’agit de l’extinction de masse la plus brutale. Ce qui n’est pas sans conséquence sur l’homme. »

À l’origine de cette perte de la biodiversité, les études pointent cinq facteurs : la destruction de l’habitat, les invasions biologiques – « des espèces que l’on introduit dans des écosystèmes où elles n’ont pas évolué, qui s’y développent et qui y causent des dégâts écologiques » –, la surexploitation des espèces par l’homme, la pollution et… le changement climatique.

En 2014, Franck Courchamp est contacté par deux homologues australiens (Barry Brook et Corey Bradshaw) pour soutenir les conclusions d’une étude portant sur l’impact de chaque énergie sur la faune et la flore. « Ils ont démontré, chiffres à l’appui, que le nucléaire est, avec l’éolien, l’énergie la plus respectueuse de la biodiversité suivant un rapport coût/bénéfice. » Convaincu que le changement climatique est un problème grave « sous-estimé par la grande majorité de la société » et certain « qu’il faut se débarrasser au plus vite des énergies fossiles », Franck Courchamp accepte de les soutenir. Au final, 65 des plus grands experts mondiaux en biologie de la conservation – la branche scientifique qui cherche à comprendre le déclin des espèces animales et végétales et à tenter d’y remédier – signeront cette lettre.

Au fil de ses échanges avec des professionnels du secteur, Franck Courchamp s’est rendu compte que le nucléaire avait évolué, sur le plan de la gestion des déchets radioactifs notamment. « Il faut que la communauté internationale le prenne en compte et qu’elle établisse des scénarios énergétiques sur les faits, et non sur des perceptions idéalistes et des idées préconçues. »

Il n’en est pas pour autant devenu un « pronucléaire ». Pour lui, l’atome est une énergie de « transition », « la possibilité de passer à un mix entièrement renouvelable en stoppant au plus vite les émissions de CO2 ».

Scientifique de renom, lauréat 2011 de la médaille d’argent du CNRS et membre de l’Académie des sciences d’Europe, Franck Courchamp est également un infatigable coureur. « Depuis 2 ans, je me suis mis à la course à pied. J’ai couru 9 semi-marathons, 5 marathons, 1 ultramarathon et 4 triathlons ». Des compétitions qu’il fait « pour le plaisir, sans regarder le chrono ». « Je cours en dilettante, ce qui permet de faire plus de courses que de raison » s’amuse-t-il.

 

 
BIO EXPRESS
Franck Courchamp est directeur de recherche au CNRS, à l’Institut national écologie et environnement. Il dirige, à l’université Paris Sud-Orsay, un groupe de recherche sur la dynamique de la biodiversité et les impacts de l’homme sur les écosystèmes et les espèces. Titulaire d’un doctorat de biométrie de l’université Lyon 1, il a travaillé à l’université de Californie à San Diego (États-Unis), puis à l’université de Cambridge (Angleterre), avant d’être classé premier au concours de chercheur du CNRS, en 2000. Il a été professeur invité à l’université de Californie Los Angeles en 2015.
 

Publié par Boris Le Ngoc (SFEN)

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