Les lanceurs d’alerte de la COP21 - Sfen

Les lanceurs d’alerte de la COP21

Publié le 16 septembre 2015 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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A l’occasion de la 59e Conférence Générale de l’AIEA qui se déroulait lundi à Vienne (Autriche), plusieurs acteurs de premier plan, parmi lesquels Ernest Moniz, Secrétaire à l’Énergie des États-Unis et Yukiya Amano, Directeur général de l’Agence, sont venus rappeler que la conférence de Paris sur le climat ne saurait faire l’impasse sur la question du nucléaire.

Au-delà de l’Hexagone, loin des débats sur la fermeture anticipée de telle ou telle centrale, le développement de l’énergie nucléaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre fait consensus. Depuis plusieurs semaines déjà, scientifiques, écologistes, institutions, et maintenant politiques, prennent la parole pour demander que l’atome ait une place dans les négociations de la COP21.

 

La voix d’Obama

Pour Ernest Moniz, le « Monsieur Energie » de Barack Obama, «  alors que la COP 21 approche, la crainte du changement climatique conduit au développement de l’énergie nucléaire. Les Etats-Unis appellent à donner une meilleure visibilité au nucléaire en tant qu’énergie bas-carbone ».

Cette déclaration fait écho à l’engagement des Etats-Unis en faveur d’un accord en décembre, ainsi qu’aux investissements de 60 millions de dollars réalisés par le DoE pour soutenir la R&D nucléaire.

L’administration Obama soutient l’atome depuis longtemps. La semaine passée dans le journal l’Opinion, Steven Chu (Secrétaire d’Etat à l’Energie entre 2009 et 2013 et Prix Nobel de physique en 1997) indiquait : « Je crois que nous avons encore besoin d’une génération entière d’énergie nucléaire avant que les renouvelables puissent prendre le relais. Le nucléaire est aujourd’hui la seule source d’énergie « à la demande », qui nous permet de nous alimenter sans avoir besoin de capacités de stockages illimitées, que nous n’avons de toutes façons pas. »

La position de l’AIEA

Dans un discours de trente minutes, Yukiya Amano a tenu à rappeler que « beaucoup de pays considèrent que l’énergie nucléaire peut les aider à répondre à un double défi : assurer un approvisionnement énergétique fiable tout en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre. »

Le Directeur général de l’AIEA s’adresse également aux délégués des 193 pays réunis en décembre à Paris : « parmi l’ensemble des énergies existantes, le nucléaire est l’une de celles qui émet le moins de de dioxyde de carbone sur l’ensemble de son cycle de vie ».

Et d’enfoncer le clou : « l’atome a un faible impact sur l’environnement et conduit à éviter des quantités significatives de gaz à effet de serre ». Dans un rapport paru il y a quelques mois, l’AIE (Agence internationale de l’énergie) a évalué à 2 ans les émissions de CO2 économisées par l’énergie nucléaire depuis les années 70. A ce jour, seule l’hydroélectricité peut se prévaloir d’un tel bilan.

Yukiya Amano a donc demandé que le nucléaire fasse l’objet d’« un examen approprié » dans les prochaines négociations.

 

L’urgence climatique

Si certaines associations estiment que la priorité est de sortir du nucléaire avant de trouver une solution au climat, la SFEN et l’initiative Nuclear for Climate pensent au contraire qu’il n’est plus temps de snober l’atome. 

Actuellement, l’urgence climatique n’aura jamais aussi bien porté son nom. Une étude publiée dans la revue Nature montre que depuis 1998, les estimations sur l’évolution de la température globale de la terre sont sous-estimées.

Une mise à jour du 5e rapport du GIEC est en cours. Elle devrait montrer que la quasi-stagnation de la température moyenne du globe ces 15 dernières années était le fruit d’une couverture insuffisante de l’Arctique. D’ores et déjà, certains parlent d’une augmentation de +8°C dans un scénario « business as usual » (dans le cas où rien ne change)…

Publié par Boris Le Ngoc (SFEN)

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