14.01.2020

Icohup, une start-up française à la conquête de Las Vegas

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Start-up,
Radioprotection
Par Gaël Patton, cofondateur d'Icohup. Photo : la délégation d’EDF, Simone Rossi, Claude Gordon, Philippe Commaret, Christophe Salomon, Paul Mordant et Vincent Gayard, en visite sur le stand de Icohup. © Icohup. Las Vegas, janvier 2020

Avec l’appui de Nuclear Valley, le pôle de compétitivité de la filière nucléaire française, la jeune entreprise Icohup, spécialiste de la radioprotection, est présente au CES, un salon hors norme qui se tient chaque année à Las Vegas.

Cet événement est le rendez-vous annuel pour les annonces de nouvelles technologies qui font la mode de demain. Aujourd’hui, il n’existe pas d’équivalent à l’échelle mondiale, auquel tous les leaders technologiques mondiaux participent.

« Être présent au CES, c’est se positionner comme une entreprise ambitieuse, nouer des partenariats, et partager des idées nouvelles. C’est aussi une action marketing forte, avec de nombreux journalistes présents. Je suis convaincu que la filière nucléaire française pourrait profiter de ce salon et valoriser ses innovations, dont certaines sont applicables à d’autres secteurs d’activité, et gagner en notoriété en exposant son savoir-faire à plusieurs milliers de journalistes technophiles. Ainsi, Icohup souhaite construire, pour le salon 2021, un groupe d’entreprises qui pourraient être présentes sous la même bannière de l’excellence de la filière nucléaire française », explique Gaël Patton, co-fondateur de Icohup.

En effet, ce salon regroupe, durant une semaine, 150 000 visiteurs, 70 000 exposants de 4 500 entreprises différentes, et 7 000 journalistes. C’est un déferlement d’annonces, avec une moyenne de 5 000 tweets/heure durant 5 jours et 226 000 articles.

Les entreprises françaises sont très représentées sur ce salon géant. Preuve du dynamisme du pays, l’hexagone est le troisième pays le plus représenté après les Etats-Unis et la Chine.

Retrouvez l'interview de la délégation d’EDF :

Michel Vanhaesbroucke, Directeur EDF Pulse Croissance

Christophe Salomon, Directeur SI d'EDF  

Radioprotection : le numérique au service de la sécurité et de la compétitivité.

La radioprotection est une activité indispensable à tous les secteurs où le personnel est susceptible d’être exposé aux rayonnements ionisants. En France, 390 000 travailleurs sont concernés par le suivi dosimétrique, dont une majorité dans le secteur médical (57 %) et un quart dans l’industrie nucléaire.

 

icohup_2.pngL'exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants en 2018 en France. Source : IRSN.
 

Pour un exploitant, la radioprotection est une activité qui n’apporte pas de valeur ajoutée mais qui consomme pourtant beaucoup de ressources, tant financières qu’humaines. L’entreprise Icohup a analysé ce coût humain dans différents cas : des installations nucléaires de bases (INB), des hôpitaux, des industriels de l’aéronautique, etc. Le bilan est éloquent : pour les simples contrôles mensuels avec des radiamètres, une INB de 1 000 salariés va dépenser une masse salariale équivalente à 12 000 €/mois ; à cela s’ajoute le matériel, et toutes les autres formes de dosimétrie (passive, opérationnelle, etc).

Contrairement à ce qui est réalisé pour la sûreté du réacteur, les moyens mis en œuvre pour ces contrôles de radioprotection n’assurent pas une continuité dans la gestion des risques ; trop de mesures sont ponctuelles dans l’espace et dans le temps.

Le constat est identique dans le domaine médical. Les coûts de la radioprotection sont importants, et le résultat n’est pas à la hauteur ni des attentes, ni des évolutions réglementaires en cours, notamment de la directive Euratom 2013/59.

Jean-Luc Aubert, récemment recruté au poste de directeur commercial santé chez Icohup, partage ses douze ans d’expérience en radioprotection dans les hôpitaux, cliniques et centres de radiologie : « la technologie Icohup va enfin permettre une gestion du risque des rayonnements ionisants beaucoup plus efficace. Désormais, l'évolution de la réglementation permet une organisation simplifiée prenant en compte la graduation du risque. La dosimétrie en temps réel peut répondre en tout point à cette nouvelle approche. Les responsables en charge de la radioprotection vont enfin se tourner vers des outils de nouvelles générations, comme RIUM ».

Ces solutions de radioprotection de nouvelles générations permettront une réelle optimisation des coûts de la radioprotection tant au niveau du matériel que des ressources humaines qui pourront se focaliser sur des taches à plus forte valeur.

Vers un réseau de dosimètres dans tous les locaux

Jusqu’à aujourd’hui, le suivi de la dosimétrie d’ambiance était confié, soit à des balises d’alertes temps réel complexes et onéreuses, soit à des dosimètres passifs (de petits films développés une fois par mois). Les premières ne sont présentes qu’en petit nombre et les secondes n’offrent qu’une moyenne d’exposition à posteriori. Impossible d’alerter le personnel lors de l’apparition soudaine d’une anomalie.

La solution Rium, développée par Icohup, permet d’installer de petits dosimètres fixes, remplaçant les balises et les films passifs.  Ces capteurs fonctionnent pour certains avec une technologie de spectrométrie par scintillation, pour d’autres sur la base très traditionnelle du compteur Geiger-Müller. Ils sont par ailleurs très simples d’usage ; Il suffit de paramétrer leurs accès aux réseaux et de les brancher au point à surveiller.

 

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Balise de dosimétrie Dosibox de la société Icohup. Connectée en Wifi, elle permet une supervision en temps réel pour un coût réduit. Crédit : Icohup.

Ces capteurs collectent les données de dosimétrie en temps réel, et peuvent alerter les travailleurs dès l’apparition d’une anomalie. Cela est rendu possible grâce à une approche très « numérique », basée sur l’Internet des objets. En effet, chaque capteur se connecte à un réseau, tel qu’un réseau wifi aujourd’hui présent ou en cours de déploiement sur de nombreuses installations nucléaires.

De plus, grâce à une technologie WEB standard, la solution ne nécessite pas d’installation complexe. Un simple navigateur et un accès au réseau suffisent pour mettre en place la supervision.  La simplicité au service de la compétitivité.

 

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Illustration de la plateforme de suivi dosimétrique RiumApp. Débit de dose, dose mensuelle, équivalent journalier et spectrométrie sont présents. Crédits : Icohup.

Cyril Leleu, physicien médical au Centre de médecine nucléaire Georges Charpak à Quimper utilise cette solution technologique pour le suivi dosimétrique : «  nous avons évalué cet outil et son potentiel d'optimisation et de renforcement de la protection des travailleurs et du public. Après validation et comparaison du détecteur Rium avec un détecteur Geiger Müller et un détecteur à sonde Geiger Müller et NaI, nous avons déployé dix détecteurs pour suivre et caractériser le flux de radioactivité dans l'ensemble du service. La carte de l'exposition de la dosimétrie d’ambiance et de la contamination au sein du service nous a permis d'identifier et d'optimiser les pratiques actuelles. La dosimétrie en temps réel nous aide à arrêter immédiatement une surexposition. Nous avons considérablement amélioré la surveillance de l'exposition des travailleurs et du public. »

Les capteurs Rium peuvent également être utilisé comme radiamètres, avec des sondes Geiger-Müller et des spectromètres de poche, la connectivité à une application mobile permet d’accélérer toutes les prises de mesure et leur report dans les tableaux de suivi réglementaire. Cette solution est déployée sur le site CEA de Saclay.

Enfin, avec l’arrivée prochaine d’une solution de dosimétrie opérationnelle, Icohup s’affiche désormais comme la solution incontournable pour minimiser les risques d’exposition, améliorer la sécurité des hommes et de l’environnement et diminuer les coûts de la radioprotection.

Et la cybersécurité ?

L’architecture utilisée est conforme à l’état de l’art en la matière et elle est citée en exemple par Thierry Marquez, Président de la SFEN Nouvelle-Aquitaine, dans la revue de UNION IHEDN : « techniquement, de nouveaux d’objets connectés permettent à leurs utilisateurs de faciliter leur protection. C’est le cas, par exemple, de la startup française ICOHUP avec son objet connecté RIUM. Ce détecteur de radioactivité connecté est capable d’envoyer ses données en ligne, en se servant de différents moyens de communication hautement sécurisés, grâce à un chiffrement asymétrique. Pour communiquer avec la plateforme de supervision depuis un outil nomade, l’objet utilise un chiffrement en approvisionnant les clés de manière sécurisée, conformément aux normes européennes ».

Afin de renforcer la robustesse globale du système, Icohup travaille avec des équipes de recherche universitaires sur ces thématiques, notamment à travers une collaboration avec le laboratoire Xlim à de l’université de Limoges et du CNRS.

HALECO, le partenaire industriel idéal pour la jeune entreprise Icohup

Quatre ans après avoir imaginé RIUM, une solution simple et pertinente de radioprotection couplant des détecteurs de rayonnement et une plate-forme de gestion de données, la start-up française Icohup passe à l’échelle industrielle et enchaîne les projets.

Pour Gaël Patton, « en 2020, Icohup met en place une véritable stratégie industrielle. Pour cela, nous nous dotons de nouveaux partenaires, de moyens financiers supplémentaires, nous renforçons également nos équipes et notre matériel. Notre objectif est de devenir le leader de la transformation numérique de la radioprotection ».

Afin de se donner les moyens de ses ambitions, Icohup réalise une levée de fonds de 2,5 millions d’euros qui doit se terminer au premier trimestre 2020. Dans ce cadre, Icohup a ouvert une partie de son capital à la société HALECO qui devient également le distributeur officiel de la gamme RIUM sur le secteur du nucléaire.

Cette entreprise du Groupe Haladjian créée en 2000, accompagne au quotidien ses clients dans la recherche de solutions techniques pour prévenir les risques industriels et en réduire l’impact environnemental.

En résumé

=> La récente directive Euratom2013/59 renforce le principe de surveillance des expositions aux rayonnements ionisants d’origine naturelle et/ou artificielle pour le public et les travailleurs.

=> La transposition de cette directive, via le décret d’application paru en 2018, dans le quotidien du suivi d’exposition est complexe : les systèmes actuellement sur le marché ne répondent pas aux nouvelles exigences sans un investissement massif.

=> Ainsi, très peu d’organisations devant répondre à ces évolutions réglementaires sont en mesure de se conformer à cette nouvelle règlementation

=> Afin de répondre à cette demande, et quatre ans après avoir imaginé RIUM, une solution simple et pertinente de radioprotection couplant des détecteurs de rayonnement et une plateforme de gestion de données, la start-up française Icohup passe à l’échelle industrielle et enchaîne les projets : le CES Las Vegas avec le pôle de compétitivité Nuclear Valley, les déploiements de capteurs sur des sites nucléaires et dans des centres hospitaliers, et la mise en place de partenariats de distribution en France et à l’international.

=> En 2020, Icohup met en place une véritable stratégie industrielle. La start-up se dote de nouveaux partenaires, de moyens financiers supplémentaires, d’un renforcement de ses équipes et de son objectif, devenir le leader de la transformation numérique de la radioprotection. »