Hinkley Point C : 700 millions de livres pour renforcer la protection des poissons autour des EPR
À Hinkley Point C, EDF Energy a développé une série de dispositifs visant à limiter l’impact des prises d’eau de refroidissement sur la faune aquatique. D’un montant total de 700 millions de livres, ce programme combine plusieurs solutions techniques et pourrait permettre à l’exploitant de répondre à l’ensemble de ses obligations environnementales.
La future paire d’EPR de la centrale britannique Hinkley Point C est en construction dans le Somerset, au bord du canal de Bristol et plus précisément de l’estuaire de la Severn. EDF Energy, en charge de la centrale, a développé une série de dispositifs innovants au niveau des systèmes de prise d’eau de refroidissement pour la protection des poissons. Pour un coût total de 700 millions de livres (environ 800 millions d’euros), HPC pourrait alors s’offrir « le système de protection des poissons plus développé que celui de n’importe quelle autre centrale au monde », affirment les porteurs du projet.
Une protection grâce à trois dispositifs
Les prises d’eau en elles-mêmes correspondent au premier moyen mis en place par EDF Energy pour s’assurer de ne pas récupérer de poissons dans les eaux de refroidissement. En effet, elles auront la capacité de « ralentir le débit de l’eau entrant dans les tunnels de refroidissement, permettant ainsi aux poissons de s’échapper à une distance minimale de deux mètres dans un canal large de 20 kilomètres. » Dans le cas où certains passeraient tout de même entre les mailles du filet, un second système de remise à la mer des poissons a été intégré.

Source : EDF Energy
Ces deux dispositifs avaient été autorisés par un permis de construire en 2013. Un troisième faisait alors partie du lot et correspondait à un système composé de 280 haut-parleurs sous-marins. Jugé rapidement trop dangereux pour les plongeurs, il avait été annulé et « un projet de création de 364 hectares de marais salants sur des exploitations agricoles et d’autres terres était alors prévu en compensation », indique EDF Energy.
Un système acoustique plus performant et moins dangereux
En l’état, le système est déjà robuste et assure une bonne filtration des poissons. EDF Energy a néanmoins souhaité aller plus loin pour respecter toutes ses obligations en matière de protection des poissons. Les haut-parleurs sous-marins ont ainsi laissé place à un système de dissuasion acoustique par ultrasons, à la fois compact, sans risque pour les plongeurs et auto-alimenté, donc pouvant être entièrement entretenu depuis la surface. Les réglages de l’appareil pourront permettre par ailleurs de se focaliser sur la dissuasion des poissons tout en préservant un maximum les grands mammifères marins.
Développé par Fishtek Marine, il a été testé en mer et en bassins de laboratoire par l’Université de Swansea et les résultats semblent très concluants (évalué à 90% d’efficacité à date). « Par exemple, des tests effectués sur des aloses marquées ont montré qu’après l’activation du dispositif acoustique de dissuasion, une seule alose marquée s’est approchée à moins de 30 mètres des têtes de prise d’eau. À titre de comparaison, 14 aloses ont été observées dans la même zone sans que le système soit activé », appuie EDF Energy dans son communiqué.
Les tests continueront encore pour quelques mois afin de conforter les résultats et peaufiner les réglages et avant l’approbation du dispositif par les autorités, notamment l’Organisation de gestion marine, au cours de l’année. Grâce à la réussite du projet, EDF Energy pourrait ainsi tirer un trait sur le projet de marais salants, vivement contesté par les communautés riveraines de la Severn. ■