Helion : le secteur privé s’invite dans la course aux records de fusion nucléaire
En février 2026, Helion Energy a établi un nouveau record de température de plasma, produit par une entreprise du secteur privé. Par ailleurs, c’était la première fois qu’une entreprise a pu obtenir et exploiter du tritium pour ses opérations de fusion nucléaire.
Depuis quelques années, le monde de la fusion nucléaire s’ouvre de plus en plus au secteur privé, notamment avec les start-ups qui affichent des ambitions fortes en promettant de produire de l’électricité grâce à la fusion nucléaire dans cette première moitié du siècle. Les États-Unis sont un terrain de jeu pour ces sociétés puisqu’en 2025 environ 1,58 milliards de dollars ont été investis dans leurs projets. L’une d’elles, Helion Energy, progresse rapidement car elle vient d’établir un nouveau record en « devenant la première machine à fusion développée par le secteur privé à démontrer une fusion deutérium-tritium (DT) mesurable et à atteindre des températures de plasma de 150 millions de degrés Celsius. »
Construire et apprendre
Helion développe des prototypes qui intègrent le retour d’expérience des précédents. C’est avec Polaris, sa septième machine mise en service à la fin d’année 2024, que la start-up a obtenu ces résultats. « Nous sommes convaincus que la voie la plus sûre vers la commercialisation de la fusion consiste à construire, apprendre et itérer le plus rapidement possible », a déclaré David Kirtley, cofondateur et PDG d’Helion. La machine développée par Helion ne repose pas sur l’architecture classique d’un tokamak, mais elle s’appuie néanmoins sur un confinement magnétique pour son dispositif de fusion pulsée. L’entreprise vise une conversion directe de l’énergie des particules chargées en électricité, sans passer par un cycle thermique classique.
Objectif deutérium-hélium-3
Ce record a été obtenu grâce à un combustible deutérium-tritium (DT) et bat le précédent, établi par Trenta son prototype de sixième génération, qui avait atteint 100 millions de degrés. Helion indique par ailleurs qu’en complément de ce record, elle est « la première entreprise à obtenir l’autorisation réglementaire de posséder et d’utiliser du tritium à des fins de démonstration de production d’énergie de fusion. » Son objectif à terme est de produire de la fusion grâce à un combustible deutérium-hélium-3, ce qui contribue à la compacité et l’efficacité du système. Ces résultats s’expliquent par les investissements de grandes sociétés dans ces projets. En 2023, Helion Energy avait en effet signé un accord avec le géant Microsoft pour lui fournir de l’électricité grâce à son réacteur à fusion à partir de 2028. Un peu plus d’un an après, la start-up avait lancé les travaux de terrassement et de construction initiaux sur le site de la centrale nucléaire Orion à Malaga en Californie.
Depuis plusieurs années, le secteur de la fusion connaît un essor mondial inédit, avec une multiplicité de voies technologiques et des financements abondants. Les records de plus en plus fréquents témoignent de cette dynamique, que la RGN a exploré en profondeur dans un numéro spécialement consacré à ce sujet. ■