Les femmes, avenir du nucléaire ?
Les femmes, avenir du nucléaire ? La question peut prêter à sourire mais elle n’en est pas moins sérieuse. Alors que la filière nucléaire est à l’aube d’une réorganisation et qu’une partie des Français s’interroge sur la place du nucléaire dans le bouquet énergétique, l’engagement des femmes dans les métiers scientifiques et techniques apporte des réponses. Pour les encourager à embrasser ou à persévérer dans une carrière dans le nucléaire, WiN Franceet EDF ont créé en 2009 le Prix Fem’Energia. La 7e édition est sur les rails, il ne reste que quelques jours (jusqu’au 30 mai) pour déposer votre candidature.
Mixité : des marges de progression
Si les femmes sont moins nombreuses dans la filière nucléaire que dans la moyenne de l’industrie, la tendance s’inverse. Pour Muriel HAUTEMULLE, DRH de la Division Production Nucléaire d’EDF, « il y a de plus en plus de femmes dans le nucléaire ». Sur les 23 000 salariés « nucléaires » de l’électricien, la part des femmes est passée de 13 % à 17 % en 5 ans.
Actuellement en phase de recrutement important pour la rénovation de son outil industriel, « EDF prend soin de faire entrer beaucoup de femmes » souligne Muriel HAUTEMULLE. Si bien que dans les métiers d’ingénierie ou de technique, la part des femmes est supérieure au nombre de femmes qui sortent du système scolaire. Ces recrutements représentent respectivement 33 % et 20 % des recrutements engagés par le groupe cette année.
Fem’Energia : un prix pour récompenser l’engagement
« Le développement de la mixité passe par la communication et l’information, estime Muriel HAUTEMULLE, le Prix Fem’Energia y contribue et permet de valoriser des parcours de femmes qui s’orientent vers des domaines scientifiques ou techniques ».
Chaque année, le prix récompense des lycéennes, des étudiantes (du CAP au bac +5) et des femmes en activité en France ou en Europe. « La volonté est d’encourager les jeunes femmes à s’engager dans ces métiers et de leur montrer que l’on peut s’y épanouir ».
Le prix gagne en notoriété. Chaque année, le nombre de candidatures d’accroît, « 10 % de plus chaque année ». La qualité des travaux est, elle aussi, « de plus en plus impressionnante » se félicite Muriel HAUTEMULLE.
Des ambassadrices indispensables
Les initiatives comme les prix Fem’Energia sont indispensables. Dans l’imaginaire collectif, les femmes portent une image rassurante leur permettant d’aborder des sujets sensibles : l’environnement, le risque pour les populations, etc.
Pour Muriel HAUTEMULLE « l’avenir du nucléaire passera par l’ouverture. Le nucléaire peut vivre longtemps s’il est accepté par les populations. Par contre, si c’est un monde qui donne l’impression d’exclure une partie de la population, d’être fermé, stéréotypé, on prend des risques sur son acceptabilité ».
Soudeuse, technicienne environnement, chercheuse, ingénieure sûreté, directrice de centrale… avec les femmes, l’énergie nucléaire se conjugue au futur.
Copyright photo – QUEYREL DAVID