Les études montrent qu’il faudra mobiliser toutes les technologies bas carbone - Sfen

Les études montrent qu’il faudra mobiliser toutes les technologies bas carbone

Publié le 10 octobre 2018 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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Les scénarios des grandes institutions internationales sont unanimes, il faudra plus de nucléaire à l’avenir pour réduire les émissions de CO2 tout en répondant aux besoins de consommation.

Scénarios 2DS/B2DS de l’OCDE-AIE

En juin 2017, l’AIE a publié de nouveaux scénarios, dont le scénario 2DS (limitation du réchauffement climatique à 2°C en 2100) et le B2DS (« beyond 2DS », 1,75°C en 2100). Ces scénarios ont fait l’objet de relectures par 300 experts d’horizons variés, notamment du monde académique et de nombreuses institutions. L’AIE y recommande des actions dans tous les secteurs, et s’appuie sur un large portefeuille de technologies, permettant à la fois de satisfaire la demande croissante en énergie tout en réduisant les émissions.

Les nouveaux scénarios 2DS et B2DS reposent sur une forte électrification des usages : l’électricité représenterait près du quart de la demande totale d’énergie en 2060. Dans le 2DS et le B2DS elle devient le plus grand vecteur énergétique final, légèrement devant le pétrole. Le changement est particulièrement notable dans le secteur des transports.

Dans le scénario 2DS, l’AIE vise désormais une total décarbonation du secteur mondial de l’électricité d’ici 2060. Dans le scénario B2DS, les émissions deviennent négatives. Les deux nécessitent le déploiement à grande échelle de toutes les technologies bas-carbone disponibles, renouvelables, nucléaire, et combustibles fossiles avec CCS.

Dans le scénario 2DS, le nucléaire représente en 2050 10 % du mix électrique. Dans le scénario B2DS, où la contrainte est plus sévère, sa part de production représente 15 % en 2060, correspondant à un doublement de la capacité installée pour atteindre 1 062 GW d’ici 2060.  La Chine à elle seule représente 28 % de la capacité mondiale, le reste de la capacité restant très concentrée dans l’OCDE. En parallèle, il est important de relever que l’analyse par l’AIE des progrès des technologies bas-carbone est désormais très réservée concernant les perspectives de déploiement du CCS – technologie encore embryonnaire – pour contribuer à l’effort de décarbonation. Ces difficultés impliquent que la mobilisation de l’ensemble des autres technologies bas-carbone- renouvelables et nucléaire- jouera un rôle d’autant plus important.

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Scénarios PRIMES de l’Union Européenne

Les scénarios développés pour la Commission européenne dans le cadre du projet « Une énergie propre pour tous les Européens » (« Clean Energy for All Europeans ») de 2016 repose sur le modèle PRIMES. Ce modèle permet de construire des trajectoires cohérentes des prix du carbone qui permettent d’atteindre les objectifs fixés par la Commission européenne aux horizons 2030 et 2050. Le scénario EUCO30 permet ainsi d’atteindre les objectifs de développement des renouvelables et d’efficacité énergétique fixés par l’Union européenne, et de réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 80 % en 2050.

A l’horizon 2050, le scénario EUCO30 évalue le socle nucléaire nécessaire à 20% du mix électrique européen, pour une capacité de 110-120 GW de nucléaire. Ceci nécessiterait non seulement un effort de rénovation du parc actuel pour l’exploiter dans la durée, mais aussi un effort de renouvellement du parc avec 100 GW de nouvelles installations. A noter que la capacité nucléaire en France est évaluée à 40 GW dans ce scénario, ce qui correspond à la nécessité de construire entre 15 et 20 réacteurs de type EPR entre 2030 et 2050.

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Le scénario EUCO30 confirme aussi l’importance de l’électricité comme moyen de décarbonation de l’ensemble du mix énergétique. Si la croissance de la consommation électrique reste modérée dans l’Union d’ici 2030, elle croît de nouveau à partir de 2030 de manière significative afin de permettre de décarboner les transports. A partir de 2050, une nouvelle croissance de la consommation électrique pourrait s’avérer de nouveau nécessaire, afin de passer au stade de la « décarbonation profonde » permettant de produire du gaz propre (méthane de synthèse) et de l’hydrogène (électrolyse de l’eau).

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Par la rédaction

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