États-Unis : Terra Power obtient un permis de construire pour son AMR refroidi au sodium
La NRC a accordé un permis de construire pour Natrium, le premier réacteur de Terra Power. Une décision qui ouvre la voie au développement des technologies à neutrons rapides refroidi au sodium. Mais qui traduit aussi les ordres exécutifs de Donald Trump pour accélérer les processus décisionnels.
« C’est un jour historique pour l’industrie nucléaire américaine », lance le PDG de Terra Power, dans un communiqué publié le mercredi 4 mars. La Commission de réglementation du nucléaire américaine (NRC) a accordé à la start-up une licence pour la construction de son réacteur modulaire avancé (AMR) refroidi au sodium dans le Wyoming. « Il s’agit du premier permis de construire approuvé par la NRC depuis plus d’une décennie et la première licence pour un réacteur ne fonctionnant pas à l’eau légère depuis plus de 40 ans », souligne le régulateur américain dans un communiqué.
Terra Power a été le premier développeur de SMR/AMR à déposer une demande de permis de construire pour un réacteur nucléaire avancé à vocation commerciale aux États-Unis, en mars 2024. La demande a officiellement été enregistrée en mai 2024, et le calendrier initial établi par la NRC prévoyait un examen de 27 mois. « En 2025, le processus d’examen a été accéléré grâce à l’ajout de compléments dans le dossier de Terra Power, à la réactivité de l’entreprise aux demandes du régulateur, à l’implication du personnel de la NRC, au soutien du Congrès via la loi sur l’innovation et la modernisation de l’énergie nucléaire (Nuclear Energy Innovation and Modernization Act) et aux décrets présidentiels de Donald Trump en faveur de l’énergie nucléaire », souligne Terra Power.
L’effet Donald Trump
Cette accélération de la prise de décision résulte ainsi des objectifs fixés par l’administration Trump. Dans ses ordres exécutifs, le président américain a ordonné à la NRC de s’organiser pour rendre désormais une décision finale dans un délai de 18 mois pour les demandes de construction et d’exploitation d’un nouveau réacteur ; et dans les 12 mois pour les demandes de renouvellement de licence d’un réacteur existant. Publiés à la mi-juin, les effets de ces textes sont d’ores et déjà visibles avec la réduction de quelques mois du temps décisionnel pour la licence de construction du Natrium. « La durée d’examen de sa demande de permis de construire pour la première centrale au sodium a été ramenée de 27 à 19 mois », précise Terra Power.
D’autre part, Natrium est l’un des deux projets de réacteurs soutenus par le Département de l’énergie dans le cadre du Programme de démonstration des réacteurs avancés (ADPR). Le projet bénéficie ainsi d’un financement pour faire progresser « la conception et l’autorisation du réacteur, le développement et la qualification du combustible, ainsi que la construction de deux installations de soutien », précise le DOE.
D’une capacité de 345 MW, le réacteur Natrium est doté d’un système de stockage d’énergie qui permet d’augmenter la capacité maximale de l’unité à 500 MW. Fondée par Bill Gates en 2006, Terra Power collabore avec GE-Hitachi, qui joue le rôle de co-développeur technologique. La prochaine étape réglementaire pour l’entreprise est le dépôt d’une demande de licence d’exploitation qui sera nécessaire pour démarrer le réacteur. Terra Power estime que le réacteur devrait entrer en opération au cours de l’année 2030. ■