23.03.2021

EPR Flamanville : feu vert de l'ASN pour les opérations de reprise des soudures

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Flamanville,
EDF,
Soudures,
sûreté nucléaire
Gaïc Le Gros (Sfen) - © EDF-Soubigou Antoine

 

En juin 2019, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) demandait la reprise de huit soudures de traversées de l’enceinte de confinement de l’EPR Flamanville 3 en accord avec le référentiel « d’exclusion de rupture » [1]. Le 19 mars 2021, l’ASN a donné son accord à EDF pour débuter les opérations de soudage, par robot, sur les tuyauteries vapeur du circuit secondaire principal de l’EPR.

Le 19 juin 2019, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) informait EDF de son avis concernant les « tuyauteries du circuit de vapeur principal » de l’EPR de Flamanville. Elle jugeait que la réparation des huit soudures des traversées de l’enceinte de confinement, en écart au référentiel « d’exclusion de rupture », « devait être privilégiée et réalisée avant le démarrage du réacteur ». Selon l’ASN, l’exclusion de rupture implique un renforcement des exigences de conception, de fabrication et de suivi en service de certains matériels. Ce renforcement doit être suffisant pour considérer que la rupture de ces matériels soit extrêmement improbable. Il permet à l’exploitant de ne pas étudier intégralement les conséquences d’une rupture de ces tuyauteries dans la démonstration de sûreté de l’installation.

Le 19 mars 2021, l’ASN a donné son accord pour la réalisation des opérations de soudage sur les tuyauteries du circuit secondaire principal de l’EPR.  Ce circuit fermé conduit la vapeur du générateur (de vapeur) jusqu’à la turbine, qui transforme cette énergie en énergie mécanique.

 

[1] https://www.asn.fr/Lexique/E/Exclusion-de-rupture

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VVP EPR - Soudures traversée enceinte - copyright ASN
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Soudures de traversées non conformes au référentiel d’exclusion de rupture. Source EDF[2]

Les opérations de remise en conformité des soudures

Depuis plusieurs mois déjà, les équipes de l’EPR Flamanville étaient mobilisées pour remettre en conformité les soudures du circuit secondaire de l’installation. Parmi les soudures à remettre à niveau, certaines, difficiles d’accès, se trouvent à l’endroit où les tuyauteries traversent l’enceinte béton du bâtiment réacteur. La remise en conformité de ces soudures a débuté en novembre 2020 avec l’installation de la logistique de chantier, les opérations de découpes, le retrait des protections appelées « pare-jet », les usinages et chanfreinages des tuyauteries.

Mi-décembre 2020, l’ASN a accordé à EDF une autorisation pour débuter les opérations de remise en conformité. Début janvier 2021, les équipes ont procédé au découpage et à la dépose d’une partie de la tuyauterie afin d’accéder aux soudures en question. Un robot, développé spécifiquement pour l’opération, sera ensuite introduit pour éliminer les soudures non conformes au référentiel d’exclusion de rupture. Les tronçons de tuyauterie seront ensuite réintroduits et soudés par un robot-soudeur également développé pour l’opération. Chaque soudure fera l’objet de divers contrôles non destructifs (CND) : visuels[1], ressuage[2], tirs radiographiques[3] et ultrasons[4].

Pour réaliser ces opérations de soudure de haute précision, c’est une solution robotique qui a été retenue par EDF et validée par l’ASN le 19 mars 2021. Les travaux seront réalisés par la société Westinghouse, sélectionné par EDF. « Actuellement, les équipes effectuent les contrôles préalables aux opérations de soudage : une étape indispensable pour respecter le processus qualité stricte mis en place dans le cadre de ces activités. Pendant plusieurs mois, les équipes mobilisées vont donc enchaîner les opérations de soudage avec deux priorités, l’atteinte du haut niveau de qualité attendu, tout en assurant la sécurité des intervenants », conclut Fabien Millet, chef de projet circuit secondaire principal à l’EPR Flamanville 3.

[1] https://www.asn.fr/Lexique/E/Exclusion-de-rupture

[2] https://www.youtube.com/watch?v=hwd2lVHLlKs

[3] Le contrôle visuel regroupe l’ensemble des techniques d'examens non destructifs qui utilisent le rayonnement électromagnétique dans le domaine de la lumière visible, c’est-à-dire dans la bande des longueurs d’onde comprises environ entre 400 à 700 nm. Pour en savoir plus.

[4] Le ressuage est par définition la résurgence d’un liquide (ou d’un gaz) d’une discontinuité dans laquelle il s’était préalablement introduit au cours d’une opération de pénétration. Prolongement logique de l’examen visuel, cette méthode permet donc de détecter les discontinuités débouchant à la surface de la pièce contrôlée sous forme d’indications colorées ou fluorescentes, observées respectivement sur un fond blanc ou sur un fond noir.

[5] La radiographie est une méthode de contrôle non destructif qui consiste à obtenir une image de la densité de matière d’un objet traversé par un rayonnement électromagnétique X ou gamma.

[6] Le principe du contrôle par ultrasons consiste à émettre et faire se propager une onde ultrasonore dans la pièce à inspecter puis à recueillir et analyser l’onde à l’issue de son interaction avec le matériau.