EPR de Flamanville : « Le chantier est sur les rails »
La semaine dernière, EDF a ouvert les portes du chantier EPR de Flamanville (Manche). A cette occasion, l’électricien a réaffirmé son ambition de démarrer l’unité fin 2018 et sa volonté de développer un EPR à 5 milliards d’euros.
Le chantier arrive à son terme
« Le chantier EPR de Flamanville est sur de bons rails, il avance conformément au planning annoncé en 2015 grâce à une organisation plus resserrée et efficace » a souligné Xavier Ursat, en charge du Nouveau Nucléaire chez EDF et Vice-président de la SFEN.
Dans cette dernière ligne droite, 4 300 professionnels interviennent chaque jour sur le chantier, coordonnés par un nouveau chef d’orchestre : Laurent Thieffry, Directeur du projet Flamanville 3.
D’importants progrès ont été réalisés ces derniers mois : la fin du montage du circuit primaire principal en mars dernier, le montage des circuits de sauvegarde autour de la chaudière nucléaire, l’équipement du couvercle de cuve, la mise en place de la machine de chargement du combustible… Symbole fort de l’entrée du chantier dans ses phases d’essais et d’exploitation : la prise de fonction des premières équipes de conduite en salle de commande.
Les derniers jalons à franchir seront la préparation des essais d’ensemble (premier trimestre 2017) et le chargement du combustible, puis le démarrage du réacteur (fin 2018).
L’EPR : le réacteur le plus puissant et le plus sûr de sa génération
L’EPR est le réacteur nucléaire le plus puissant du marché (1 650 MWe). Lorsqu’il entrera en service, il produira de quoi alimenter en électricité une ville comme Paris. Ces réacteurs de grande taille représentent 10 à 20 % du marché et s’adressent en priorité aux pays très consommateurs d’électricité et dotés d’un réseau électrique mature, comme en Europe ou en Chine.
Sur le plan de la sûreté, les experts du monde entier sont unanimes pour reconnaître l’EPR comme le réacteur le plus sûr. Bénéficiant de trente années d’expérience acquises par l’exploitation du parc nucléaire et par l’évolution de la connaissance scientifique et technique, l’EPR bénéficie des dernières innovations et des référentiels de sûreté les plus à jour, dont le retour d’expérience de l’accident de Fukushima (redondance des systèmes de sauvegarde, diversification des alimentations électriques, un récupérateur de corium, une coque avion).
A la différence des modèles concurrents (AP 1000, Hualong), l’EPR est le seul réacteur de troisième génération à avoir reçu une licence dans 4 pays : la Finlande, la France, la Chine et le Royaume-Uni.
Un EPR à 5 milliards d’euros
« Il faut qu’un réacteur EPR coûte à peu près 5 milliards d’euros » souligne Xavier Ursat. Les quatre projets en cours (Flamanville, Taishan, Olkiuoto) et les futurs chantiers (les deux unités d’Hinkley Point C) vont permettre d’optimiser les EPR en vue de leur déploiement futur en série à l’horizon 2030, notamment pour renouveler le parc nucléaire français. Le travail en cours aboutira à la certification d’un EPR « nouveau modèle » permettant de réaliser de 25 à 30 % d’économies par rapport aux EPR actuellement en construction.
Toute la filière nucléaire est mobilisée sur ce projet dont l’objectif est de fournir en 2030 une électricité en euros par kilowattheure moins chère que la moins chère des énergies renouvelables. Plusieurs optimisations ont été identitifiées : la mise en place d’un génie civil plus grand pour faciliter la construction et les co-activités, ou encore le travail sur les références des équipements afin de proposer autant que possible des équipements standardisés.
Creusot : 1 600 essais réalisés sur les 12 composants concernés
Concernant la conformité du couvercle et du fond de cuve, EDF attend avec serrenité l’avis de l’Autorité de sûreté (ASN), après avoir réalisé une série de tests sur trois cuves, qui ont été forgées dans des conditions identiques à celle de Flamanville. L’une était prévue pour le réacteur d’Hinkley Point et les deux autres pour un projet de centrale aux Etats-Unis, aujourd’hui abandonné.
Ces trois « pièces sacrificielles » ont été découpées aux endroits litigieux afin de vérifier la solidité de l’acier. Au total, 1 675 essais mécaniques ont été réalisés, soit plus que ce qui a été fait à l’époque de la construction du parc pour valider le code de conception mécanique.
Concernant les dossiers dits « barrés », 12 composants font l’objet de dossiers barrés et 19 constats ont été émis sur ces composants. EDF considère que ces constats n’ont pas d’impact sur le niveau de sûreté attendu des composants et qu’AREVA est en mesure de produire les justifications adéquates sans impact sur le planning du projet.
Cependant, l’ensemble des dossiers de fabrication des 93 composants forgés au Creusot pour Flamanville 3 vont être vérifiés.
Quatre EPR sont actuellement en construction dans le monde. Celui de Taishan 1, en Chine, devrait être le premier à démarrer, courant 2017. A l’export, la filière s’organise : EDF doit remettre « d’ici la fin de l’année une offre, à ce stade encore non engageante, pour la construction de 6 EPR » (Xavier Ursat) en Inde.