En Arctique, Rosatom met en avant les bénéfices de sa centrale nucléaire flottante sur la qualité de l’air - Sfen

En Arctique, Rosatom met en avant les bénéfices de sa centrale nucléaire flottante sur la qualité de l’air

Publié le 6 novembre 2026

Un bilan environnemental présenté par Rosatom avance une diminution de près de 80 % des émissions de polluants atmosphériques à Pevek, une petite ville de l’Arctique russe alimentée par la centrale nucléaire flottante Akademik Lomonosov. Une communication inhabituelle pour le géant russe de l’atome, qui nourrit ses ambitions commerciales en Asie du Sud-Est.

Rosatom n’est pas forcément l’acteur de l’industrie nucléaire que l’on attend sur le terrain de la qualité de l’air. C’est pourtant le sujet d’un bilan environnemental présenté fin octobre par le groupe russe, consacré à l’Akademik Lomonosov, sa centrale nucléaire flottante installée à Pevek, dans l’Arctique.

« La question environnementale est notre priorité numéro un. L’Arctique est un territoire fragile et vulnérable, et nous devons y travailler en accordant une attention particulière à la nature, à la santé humaine et à l’avenir de Pevek », a assuré Vladislav Kouznetsov, gouverneur de la Tchoukotka, lors de la conférence de presse organisée par Rosenergoatom, filiale de Rosatom en charge de la barge.

Près de 80 % de polluants en moins

Amarré à proximité de Pevek, sur les rives de la mer de Sibérie orientale, l’Akademik Lomonosov est entré en exploitation commerciale en mai 2020. Ses deux réacteurs KLT-40S de 35 MWe fournissent de l’électricité et, depuis 2022, une partie des besoins de chauffage de Pevek. Selon les données présentées, les émissions atmosphériques de polluants ont été divisées par près de cinq depuis le transfert d’une large partie du chauffage urbain vers la centrale nucléaire, réduisant les émissions de polluants atmosphériques de 11,64 tonnes en 2022 à 2,281 en 2025. Rosatom dispose de 15 stations de surveillance radiologique, dont quatre dans la ville de Pevek.

Ces résultats, fournis par l’exploitant, doivent naturellement être considérés avec prudence, faute de disposer de l’ensemble des données et de la méthodologie permettant une évaluation indépendante. Ils illustrent néanmoins les bénéfices attendus de la substitution du nucléaire aux énergies fossiles, pour la production d’électricité comme de chaleur : réduction des émissions de CO₂, mais aussi des polluants atmosphériques, notamment les oxydes d’azote (NOx), les oxydes de soufre (SOx) et les particules fines.

Rosatom prend le large… vers l’Asie

Cette communication s’inscrit dans un objectif commercial, comme un argument de vente. La Russie entend faire de ses centrales nucléaires flottantes un produit d’exportation, notamment à destination des pays disposant de vastes territoires insulaires ou de régions côtières difficiles à alimenter en électricité.

L’Asie du Sud-Est constitue à ce titre un marché particulièrement intéressant. Le 16 octobre 2026, Rosatom a annoncé la signature d’un accord avec l’entreprise indonésienne PT Pembangkit Listrik Nuklir pour fournir de l’électricité à l’île d’Halmahera, dans l’archipel des Moluques. Le projet prévoit deux unités nucléaires flottantes FPU-100, représentant une puissance cumulée de 200 MW. Selon le groupe russe, les premières livraisons d’électricité pourraient intervenir cinq ans après la finalisation du contrat. ■

Par Ludovic Dupin, journaliste RGN

Image : La centrale française Akademik Lomonosov lors de sa mise en service en 2019 – © HANDOUT / ROSATOM / AFP