EDF dans le consortium AION pour porter une AI Gigafactory européenne en France - Sfen

EDF dans le consortium AION pour porter une AI Gigafactory européenne en France

Avec le consortium AION, EDF entend faire valoir l’un des principaux atouts français dans la course mondiale à l’intelligence artificielle : une électricité abondante, compétitive et largement décarbonée grâce au nucléaire et à l’hydroélectricité.

Huit grands acteurs français de l’énergie, du numérique et de la technologie ont annoncé, le 21 mai 2026, la création du consortium AION afin de soutenir une candidature française dans le cadre du programme européen des « AI Gigafactories ». Parmi eux : EDF, Orange, le Groupe iliad, Scaleway, Bull, Capgemini, Artefact et Ardian. L’objectif est ambitieux : faire émerger en France une infrastructure européenne de calcul dédiée à l’intelligence artificielle, capable de rivaliser avec les grandes plateformes américaines et chinoises.

Porté initialement par Scaleway en 2025, le projet AION répond à un appel à manifestation d’intérêt lancé par la Commission européenne et l’entreprise commune EuroHPC. Créée en 2018, cette structure associe l’Union européenne, les États membres et des partenaires privés afin de développer des capacités européennes de supercalcul et de calcul haute performance.

Les futures AI Gigafactories doivent constituer une nouvelle génération d’infrastructures numériques, combinant très forte puissance de calcul, ressources massives de données et automatisation avancée pour l’entraînement et l’exploitation des modèles d’intelligence artificielle.

Un enjeu de souveraineté industrielle

Pour les membres du consortium, la maîtrise des capacités de calcul devient désormais un enjeu stratégique majeur pour les économies européennes. L’ambition affichée est de permettre aux entreprises et aux acteurs publics européens de développer et d’exploiter leurs modèles d’IA sans dépendre exclusivement d’infrastructures conçues ou opérées hors d’Europe.

Le consortium met ainsi en avant une approche couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur : supercalculateurs et infrastructures critiques pour Bull, cloud souverain pour Scaleway et Orange, centres de données pour le Groupe iliad, déploiement opérationnel de l’IA pour Artefact et Capgemini, financement et expertise industrielle pour Ardian. EDF apporte quant à lui la composante énergétique du projet.

L’électricité, un avantage français

La candidature française repose notamment sur un argument central : la disponibilité d’une électricité abondante, compétitive et largement décarbonée grâce au nucléaire et à l’hydroélectricité. Un sujet devenu critique alors que les infrastructures d’intelligence artificielle affichent des besoins électriques considérables.

Dans le communiqué du consortium, Béatrice Bigois, Directrice exécutive Groupe en charge du pôle Clients, Services et Territoires d’EDF, souligne que « la France dispose d’atouts majeurs pour porter le développement d’infrastructures IA, parmi lesquels une électricité compétitive, souveraine et bas carbone ».

Au-delà des huit membres fondateurs, AION s’appuie également sur un écosystème élargi de partenaires académiques et industriels comprenant notamment l’INRIA, GENCI, Hugging Face, Schneider Electric, Sopra Steria, SiPearl ou encore Quandela.

Le consortium affirme vouloir structurer son projet autour de quatre piliers : performance, confiance, ouverture et responsabilité, avec une attention particulière portée à l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle. Selon plusieurs médias spécialisés, l’investissement pourrait atteindre une dizaine de milliards d’euros. La prochaine étape sera désormais le lancement formel de l’appel d’offres européen destiné à sélectionner les futurs sites d’implantation. ■

Par Thomas Jacquemet, Sfen
Image : générée par IA