COP22 : l’énergie nucléaire doit bénéficier du Fonds vert pour le climat
Dans son dernier rapport, Nuclear for Climate, initiative cofondée par la Société Française d’Energie Nucléaire (SFEN), plaide pour que l’énergie nucléaire bénéficie, comme toutes les technologies bas carbone, du Fonds vert pour le climat.
Au travers de Nuclear for Climate, 150 associations demandent aux décideurs réunis à la COP22 de veiller à ce que soit préservé le droit de chaque pays de choisir l’énergie nucléaire pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
« Ce droit ne doit être restreint d’aucune manière par les nouveaux protocoles de la CCNUCC, notamment en ce qui concerne l’accès à des mécanismes de financement, tels que le Fonds vert pour le climat » souligne Valérie Faudon, porte-parole France de Nuclear for Climate et Déléguée générale de la SFEN.
Le précédent accord de Kyoto, s’il n’excluait pas le nucléaire des mécanismes de développement propres (MDP), désencourageait les pays qui souhaitaient de développer l’atome pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre : « les Etats doivent s’abstenir d’utiliser pour leur conformité des crédits issus de projet nucléaire, dans le cadre du MDP » (sic).
Compte-tenu de l’urgence climatique, le futur cadre d’action ne devra pas restreindre l’accès au nucléaire au risque de rater l’objectif des 2°C…
Développer le nucléaire dans les principaux pays émetteurs de CO2
Pour lutter efficacement contre le changement climatique et obtenir des résultats rapides en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la priorité doit être de développer l’énergie nucléaire d’abord dans les pays où les émissions de CO2 sont les plus importantes.
Pour avoir des résultats visibles et rapides sur le plan du climat, il n’est donc pas nécessaire de développer du nucléaire tout azimut, mais bien de se concentrer là où l’efficacité sera la plus grande. Tous les plus gros pollueurs de la planète en matière d’émissions de CO2 (Chine, Etats-Unis, Inde, Russie, Japon, Allemagne, etc.) maîtrisent déjà la technologie nucléaire. Les questions de transfert de technologie ou d’acquisition des compétences ne se posent pas.
Dans ces pays où la production d’électricité reste largement dominée par les énergies fossiles (charbon et gaz), le nucléaire se présente comme une option technologique crédible permettant de produire d’importante quantité d’électricité bas carbone tout en soutenant le développement économique.
Le monde se dirige vers un réchauffement de 3°C
Dans son dernier rapport destiné aux décideurs, Nuclear for Climate rappelle que pour atteindre l’objectif d’augmentation de la température globale de 1,5°C, toutes les énergies bas carbone doivent être utilisées. Le défi est immense et le temps presse : selon le PNUE le monde se dirige vers un réchauffement de 3°C.
Le nucléaire est une des rares énergies bas carbone reconnues par les experts du climat (GIEC). Sur l’ensemble de son cycle (construction, exploitation, démantèlement), ses émissions sont comparables à celles des énergies renouvelables : 15g de CO2/kwh en moyenne. Depuis son essor, le nucléaire a permis d’économiser plus de deux ans d’émissions de CO2. Il s’agit de la meilleure performance avec l’hydraulique.
Pour atteindre l’objectif de l’Accord de Paris, l’AIE préconise même le doublement de la capacité d’ici 2050. Cette trajectoire impliquerait la mise sur le réseau d’environ 30 GW d’électricité nucléaire chaque année. Un objectif atteignable si l’on s’en réfère à l’histoire : à ses débuts, la filière nucléaire avait raccordé jusqu’à 32 GW d’électricité en une année.
En dépit d’un marché en croissance, l’an dernier, seuls 7 GWe ont été connectés au réseau. Les efforts doivent se poursuivre…