16.03.2021

Chine : mise en service de 19 GW nucléaires dans les 5 années à venir

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Chine,
Hualong 1
Tony D’Aletto, conseiller nucléaire à Pékin, Ambassade de France - Crédit photo ©CNNC - Essais à froid de Fuqing-6

L’édition 2021 des « Lianghui », soit la réunion des deux assemblées chinoises (la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) et l’Assemblée nationale populaire), est le moment fort de l’année politique du pays. Elle avait cette année une saveur particulière puisqu’elle devait discuter et valider le 14ème plan quinquennal chinois.

Ce 14ème plan, paru officiellement vendredi 12 mars 2021, trace la route de la Chine pour les cinq années à venir dans tous les domaines : agriculture, environnement, industrie, technologies, politique, etc. Concernant l’énergie nucléaire, force est de constater que ce Plan ne manque pas d’ambition. Il stipule que la Chine doit : « construire de manière active et ordonnée des centrales nucléaires de génération III en bord de mer » jusqu’à avoir « une capacité nucléaire en service qui atteindra 70 GW ». Dans les 5 ans à venir, cela représente donc 19 GW supplémentaires connectés au réseau, soit environ 4 centrales mises en service par an durant les 5 prochaines années.

Si elle s’engage à « finaliser les projets de démonstration Hualong 1, du CAP1400 et du HTR », le Hualong 1 sera l’essentiel des projets de la Chine durant ce plan puisqu’elle a 15 réacteurs de ce type en construction ou en projet dans le pays, et 2 autres en construction au Pakistan. A ce rythme, nul doute que la Chine bénéficiera de l’effet de série, qui lui permettra probablement de réduire encore le coût de son réacteur 100 % chinois.

La chine passe donc massivement à la génération III, mais elle voit plus loin en souhaitant d’une part, « promouvoir des démonstrations de réacteurs avancés : des SMR, des HTR industriel de 600 MW et une plate-forme nucléaire flottante » et d’autre part « réaliser des démonstrations sur l'utilisation de l'énergie nucléaire autre qu’électrogène comme la centrale nucléaire de Haiyang dans le Shandong » située dans le nord du pays pour produire de la chaleur urbaine.

SMR, plate-forme flottante, chaleur urbaine, pour la Chine, le nucléaire aide à construire « un système énergétique moderne », où les centrales nucléaires auront des utilisations plus larges que la seule production d’électricité*.

En 2020, pour la première fois de son histoire, la Chine est montée sur la deuxième marche du podium des pays producteurs d’électricité nucléaire, après les Etats-Unis. Avec 366 TWh produits l’année dernière, elle dépasse désormais la France qui rétrograde à la 3ème place (335 TWh produits). A l’issue de ce plan quinquennal fin 2025, elle aura aussi la deuxième capacité nucléaire installée, et la Chine vise la première place à l’horizon 2030.

*bien que non mentionné dans le 14ème plan, la Chine travaille également à la production d’hydrogène à partir d’un petit réacteur à sels fondus (20 MW).