Cécile Dorthe, scaphandrière et pionnière - Sfen

Cécile Dorthe, scaphandrière et pionnière

Lauréate du Prix Fem’Energia 2025, Cécile Dorthe est ingénieure en démantèlement nucléaire chez Nuvia Support et première scaphandrière en Europe spécialisée dans le nucléaire. 

Née en 1986 à Saint-Marcel d’Ardèche, Cécile grandit dans une famille de vignerons. Sportive accomplie, elle puise sa force dans le collectif en pratiquant le football pendant plus de vingt ans au poste de milieu de terrain. Elle portera même le brassard de capitaine. Bac en poche, elle choisit la filière scientifique à Grenoble pour préparer un DUT de physique, chimie et géologie suivi d’une licence en démantèlement et gestion des déchets nucléaires à Nîmes en 2007. « Je n’avais jamais imaginé me tourner vraiment vers le nucléaire… Ni m’y plonger autant ! », confie-t-elle.

Passion pour les environnements complexes

En stage chez Areva NC à Marcoule en 2008, la Saint-Marcelloise a pourtant le déclic pour le nucléaire. « Rien ne me prédestinait à ces environnements industriels complexes mais plus je les découvrais, plus j’étais dans mon élément », se souvient-elle.

Recrutée par Nuvia Process en 2009, Cécile se passionne pour la robotique appliquée aux environnements contraints. Elle excelle particulièrement dans la gestion des interfaces – au croisement des métiers, des contraintes techniques et des exigences de sûreté. Pour formaliser cette expertise, Cécile décroche un master en démantèlement à l’université Joseph Fourier de Valence, en 2012. Les opérations qu’elle pilote à Marcoule et Pierrelatte, pendant dix ans, renforcent ses capacités à coordonner des missions complexes avec des responsabilités croissantes.

Depuis 2019, Cécile a rejoint la branche logistique Nuvia Support. À la tête de 150 personnes du département « Opérations spéciales », elle supervise des équipes polycompétentes spécialisées en décontamination lourde, travaux hyperbares et retraitement de déchets historiques avec contrainte alpha sur tous les sites EDF, Orano Tricastin et le CEA Marcoule.

Dans le grand bain

En 2022, pourtant phobique du masque et du tuba, Cécile accepte un « baptême hyperbare » encadré par Jean-Luc Dubédat, référent de la filière sur le sujet. Dans la foulée, elle suit une formation exigeante à l’École nationale des scaphandriers de Fréjus. En mer, elle multiplie les plongées jusqu’à 50 mètres enchaînant efforts physiques et dépassement de soi.

De l’initiation au loisir puis à la maîtrise complète des techniques professionnelles au casque, elle devient la première femme en Europe à plonger en milieu nucléaire. Selon elle, la plongée en piscine nucléaire semble presque plus facile qu’en mer : portant 50 kg d’équipement sur le dos, elle doit assurer maintenance et sûreté des installations. Le vrai défi ? Plonger dans une eau contaminée, sous l’oeil vigilant du chef d’opération hyperbare qui assure la dosimétrie depuis la surface. « Dans la piscine, l’eau est claire, à 20-25 °C, sans courant ni houle, et la profondeur atteint 12 à 15 mètres », précise-t-elle. Récompensée par le Prix Fem’Energia le 3 décembre 2025, le parcours exemplaire de Cécile Dorthe illustre s’il en était besoin la montée en compétence et la diversification des expertises féminines dans les métiers nucléaires les plus techniques.

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À propos de Nuvia Support

Forte de 750 collaborateurs et d’un chiffre d’affaires de 60 M € en 2025, Nuvia Support, au service d’EDF, fournit l’intégralité de la main-d’oeuvre qualifiée pour ses opérations logistiques dans les domaines de la radioprotection, de la logistique, de la gestion des déchets et de l’exploitation d’installations sur sites nucléaires civils et militaires.

  • Pôle Opérations spéciales : 150 collaborateurs, 10 M € CA en 2025
  • Pôle hyperbare : nouvelle activité avec six plongeurs spécialisés en milieu nucléaire
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