7/11 – Les leçons de Fukushima sur les centrales nucléaires françaises : le noyau dur - Sfen

7/11 – Les leçons de Fukushima sur les centrales nucléaires françaises : le noyau dur

Publié le 28 février 2015 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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En mai 2011, les exploitants nucléaires engageaient, à la demande de l’ASN, des évaluations complémentaires de sûreté (ECS), sur chaque installation en exploitation ou en construction. Ces ECS ont réexaminé l’ensemble des dispositifs de sûreté et leur robustesse en situations extrêmes. Plus de 300 ingénieurs d’EDF ont rédigé les 19 rapports, remis à l’ASN le 14 septembre. L’ASN, après examen, confirmait que les installations nucléaires d’EDF présentaient un niveau de sûreté satisfaisant et reconnaissait leur robustesse. Mais elle demandait aussi d’augmenter encore le niveau de sûreté pour parer aux situations les plus inimaginables. Les modifications proposées par EDF ont été validées par l’ASN qui les a retranscrites en prescriptions. Dès 2011, EDF engageait un programme de modifications « Post-Fukushima ».

ECS et programme « Post-Fukushima »

Les ECS répondent à quatre objectifs majeurs : assurer la conformité des installations au référentiel de sûreté, mieux prendre en compte les agressions externes (séisme, inondation…) et envisager des niveaux plus élevés, renforcer les alimentations électriques et les appoints en eau, renforcer le dispositif de gestion de crise. Si le niveau de sûreté des centrales est jugé satisfaisant par l’ASN, des analyses nouvelles incluant des hypothèses plus -pénalisantes et hautement improbables ont amené EDF à proposer des mesures complémentaires, amenant progressivement l’ensemble du parc nucléaire vers les meilleurs standards internationaux. Déployé jusqu’à l’horizon 2030, le programme « Post-Fukushima » s’intègre dans les dispositions de modernisation et de pérennisation du parc nucléaire. Il s’inscrit dans le calendrier des visites décennales, objets de réexamens de sûreté permettant la poursuite de l’exploitation. La première phase, à horizon 2015, prévoit la mise en place de nouveaux moyens mobiles de secours et le renforcement des dispositions organisationnelles de gestion de crise. 

La seconde phase, à horizon 2020, intègre le déploiement de nouveaux dispositifs d’appoint en eau et électricité pour faire face à une perte totale des moyens électriques et de la source froide et la construction d’un centre de crise local (CCL). La troisième phase, à partir de 2019, verra la mise en place du dernier volet de dispositions de gestion de situations extrêmes, au-delà des référentiels en vigueur. Ce programme représente un investissement de l’ordre de 10 milliards d’euros pour les 19 sites d’EDF, dont la moitié était déjà prévue dans le cadre des travaux de modernisation des centrales pour un fonctionnement au-delà de 40 ans.

La phase 1 : 2011 – 2015, les modifications réalisées

À l’été 2011, la vérification de la conformité des installations a porté sur les matériels requis par la gestion de crise (motopompes…) et l’ensemble des protections nécessaire à la gestion des crues. 

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par Philippe Coïc, Directeur adjoint du Centre d’Ingénierie du Parc Nucléaire en exploitation (CIPN) – EDF