7/11 – Chine : une révolution énergétique contrastée
La croissance économique soutenue
Depuis 1989, l’économie chinoise connaît une croissance continue (9,06 % en moyenne selon les autorités) tirée depuis le début des années 2000 par la consommation et l’urbanisation. Pour soutenir cette croissance, des quantités importantes d’énergie ont été nécessaires entraînant le rejet d’importantes quantités de gaz à effet de serre (GES). Si bien que, jusqu’à présent, la courbe de la consommation d’énergie primaire suit celle de la progression du produit intérieur brut (PIB). Résultat : la Chine émet cinq fois plus de CO2 par $PIB que l’Europe.
La Chine est le premier pays producteur de charbon et le premier consommateur (23 % des GES de la planète). Son parc de centrales au charbon est deux fois et demi supérieur à celui des États-Unis et représente 70 % de la capacité électrique installée. Outre les nouvelles mesures restrictives sur les standards définissant les émissions polluantes, la Chine compte aussi réduire la part du charbon à 62 % de son mix électrique. Malgré cet effort, le besoin en charbon continuera de croître (2 600 Mtep en 2035 contre 2 100 Mtep en 2015).
La politique climatique et environnementale chinoise
Les Chinois veulent mettre en place de nombreux mécanismes et sont désormais prêts à signer des accords engageants comme en témoigne la Déclaration conjointe Chine – États-Unis signée en début d’année. Grâce à son « Plan national d’action contre le changement climatique », la Chine prévoit d’atteindre son pic de production de CO2 vers 2030.
À cette date, la part des énergies bas carbone dans l’énergie primaire devrait atteindre 20 %. La Chine reconnaît toutefois que cet objectif ambitieux ne sera atteint qu’au prix d’efforts « extraordinaires », croissance et consommation d’énergie étant encore fortement liées. Depuis les années 1990, la Chine a multiplié par 20 son PIB par habitant. Si l’intensité énergétique a diminué de 59 % et l’intensité carbone de 62 %, la consommation énergétique, elle, n’a cessé de croître : multipliée par quatre, elle a contribué pour plus de 60 % au surplus d’émissions entre 2005 et 2013.
L’effort est supérieur à celui d’autres pays. Ainsi, le plan de réduction du CO2 aux États-Unis (-30 % de 2005 à 2030 et -21,5 % de 2011 à 2030) se traduit par le remplacement de 120-130 GW charbon en 120-130 GW non fossiles. Mais en Chine, le plan implique la création de 1 000 GWe non fossiles d’ici à 2030 !
Des contraintes incompressibles
La consommation d’énergie par rapport au PIB reste 1,8 fois supérieure à la moyenne mondiale et même si des efforts considérables sont faits comme la fermeture d’installations de production vieillissantes, la croissance continue de s’appuyer sur les industries lourdes et chimiques, et sur des activités à faible valeur ajoutée.
Cet article est réservé aux adhérents de la SFEN. Pour lire la suite et avoir accès à l’ensemble de nos archives, abonnez-vous à la Revue Générale Nucléaire.