5/11 – Tarification mondiale du carbone, le mode d’emploi
La mise en œuvre d’un accord international sur le climat se heurte au problème très classique du « passager clandestin » (Olson-1965). Pour chaque acteur pris isolément, il n’y a pas de corrélation directe entre le niveau de l’effort qu’il accepte de produire pour réduire ses émissions et le bénéfice qu’il en tirera sous forme de moindres dommages. La perturbation climatique est en effet liée au stock global de gaz à effet de serre qui n’est que faiblement corrélé au flux annuel d’émission de chaque pays. De plus, les impacts les plus sévères sont éloignés dans le temps, ce qui incite chaque acteur à reporter l’intégralité des coûts du changement climatique sur les générations futures.
Dans un tel contexte, chaque joueur a intérêt à attendre que ses voisins lancent l’action, la position idéale étant celle du « passager clandestin » qui ne ferait aucun effort quand tous les autres s’engageraient pour protéger le bien commun. Inversement, aucun acteur n’a intérêt à s’engager unilatéralement tant qu’il n’a pas la conviction que d’autres suivront dans le cadre d’une coalition plus large (Nordhaus – 2013). L’enjeu central des négociations internationales est de dépasser la vision de « stratégies substituables » déployée par les acteurs face au risque climatique, pour mettre en œuvre des « stratégies complémentaires » [1] (Sandler, T.-2 004).
Les schémas possibles de l’accord « idéal »
Tentons de tracer les contours de l’accord « idéal », dans lequel un prix du carbone s’applique à chaque tonne de gaz à effet de serre quel que soit l’endroit du globe où elle est émise. En 2013, les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont estimées à environ 50 milliards de tonnes d’équivalent CO2, soit 6,5 tonnes par habitant. Avec un prix de 25 dollars la tonne, on cumulerait une valeur totale à l’échelle du monde de l’ordre de 1 250 milliards de dollars.
Cet article est réservé aux adhérents de la SFEN. Pour lire la suite et avoir accès à l’ensemble de nos archives, abonnez-vous à la Revue Générale Nucléaire.