5/11 - EPR 2 : pour une « ingénierie de terrain » - Sfen

5/11 – EPR 2 : pour une « ingénierie de terrain »

Publié le 22 mars 2022 - Mis à jour le 26 avril 2022
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La qualité de l’ingénierie sera décisive dans la réussite du programme EPR 2. Quels retours d’expérience des chantiers de Flamanville 3 et d’Hinkley Point C ? Comment mettre en place la transition de la continuité numérique ? Quelle place pour les nouvelles générations d’ingénieurs ? Thierry Schall, président-directeur général d’Edvance fait état des progrès réalisés.

Edvance est une filiale commune d’ingénierie détenue à 80 % par EDF et à 20 % par Framatome. Il est l’intégrateur de l’îlot nucléaire (la partie nucléaire des installations) sur les projets de nouveau nucléaire.  Edvance est responsable de la livraison de l’ensemble, en qualité et dans le respect des coûts et des délais. Edvance est également garant de son bon fonctionnement et de la gestion des interfaces entre tous les acteurs pendant toutes les phases du projet, que ce soit à Hinkley Point C ou, s’ils venaient à être confirmés, en Inde avec Jaitapur ou au Royaume-Uni avec Sizewell C. Mais qu’est-ce  que l’ingénierie ?

« Le terme d’ingénierie peut parfois renvoyer à la seule conception du design. Pour le cas d’Edvance, il renvoie davantage à l’acronyme « EPCC » qui en anglais signifie Engineering, Procurement, Construction, Commissioning et qui englobe donc la conception, la relation client, la construction et la mise en service », précise Thierry Schall, son PDG. Edvance est présent de la conception jusqu’aux essais de démarrage, au plus proche du terrain. « Certaines difficultés que l’on a connues sur l’EPR de Flamanville 3 au début du chantier étaient justement dues à la déconnexion de l’ingénierie et du terrain, rappelle-t-il. Des fragilités qui ont été mises en évidence dans le rapport Folz à travers différentes thématiques ». Publié le 28 octobre 2019, le rapport Folz, du nom de Jean-Martin Folz ancien PDG de PSA Peugeot Citroën, a analysé et synthétisé l’ensemble du chantier de Flamanville 3 pour proposer des recommandations destinées à renouer avec la performance.

Mettre fin à une organisation complexe des ressources d’ingénierie

Jusqu’alors, le BNI (Balance of Nuclear Island, soit tout l’îlot nucléaire hors chaudière) était confié à Sofinel, une filiale 55/45 d’EDF et d’Areva NP (aujourd’hui Framatome, ndlr), qui faisait appel aux ressources du Centre national d’équipement nucléaire (CNEN) chez EDF et aux entités d’ingénierie d’Areva. L’ensemble était regroupé dans deux structures situées l’une en France et l’autre en Allemagne (avec les apports provenant de Siemens) et se répartissant les travaux destinés aux deux réacteurs à construire, soit Olkiluoto en Finlande et Flamanville. Cette organisation, destinée à assurer une cohérence entre les deux EPR et à permettre un retour d’expérience vers celui de Flamanville engagé plus de deux ans plus tard, n’a pas apporté les résultats attendus, a relevé le rapport Folz, d’autant qu’Areva décidera ensuite de transférer en Finlande une bonne partie de ses équipes. La création d’Edvance, en 2017, a justement pour objectif de réunir les différentes entités pour simplifier l’organisation et optimiser les ressources de la filière pour l’ingénierie. « Depuis HPC, on travaille en équipe intégrée, c’est-à-dire que l’on co-localise les acteurs d’Edvance, du client et des fournisseurs qui travaillent sur un même
objet », ajoute Thierry Schall.

Retour des compétences et coordination entre partenaires

Autre enseignement du rapport olz, la perte des compétences lors du lancement de l’EPR Flamanville plus de quinze ans après le lancement du dernier chantier français – Civaux 2. « Aujourd’hui, trois ans après la parution du rapport, nous ne sommes plus du tout dans la même confi guration, souligne Thierry Schall. Les 3 500 techniciens et ingénieurs d’Edvance sont engagés sur les chantiers EPR et les profils qui cumulent des expériences d’une dizaine d’années sur différents projets (Flamanville, Taishan, Olkiluoto…) se multiplient ». De plus, les résultats du plan d’excellence de la filière, Excell, témoignent d’importants progrès de la performance industrielle.

Spécification complexe, contrats tardifs, visibilité insatisfaisante… Le programme Excell, dont l’objectif a été de répondre aux dysfonctionnements mis en lumière par le rapport Folz, a initié énormément  d’actions pour améliorer les relations avec les fournisseurs via le déploiement d’outils contractuels, d’incitation financière, etc. On peut également mentionner l’effort réalisé pour communiquer des spécifications techniques plus explicites et plus réduites en volume. « Au sein d’Edvance, on a, par exemple, mis en place un bureau des méthodes avec des entreprises du génie civil pour intégrer leurs savoir-faire et leurs méthodes industrielles dès la phase de design », illustre Thierry Schall. L’objectif, et c’est tout l’objet de l’EPR 2, est d’optimiser la constructibilité.

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Par Gaïc Le Gros, Sfen I Photo © Edvance – Travail sur maquette 3D.

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