5/11 – Cancers thyroïdiens : de Tchernobyl à Fukushima - Sfen

5/11 – Cancers thyroïdiens : de Tchernobyl à Fukushima

Publié le 28 février 2015 - Mis à jour le 28 septembre 2021
cancerfukushima

Une surveillance, dans le cadre d’une étude épidémiologique de grande ampleur, soulève plusieurs questions : pourquoi cette surveillance ? Pourquoi est-elle focalisée sur les enfants ? Quelles en sont les modalités ? Quels en sont les résultats au bout de quatre ans ? Quelles conclusions peut-on en tirer ?

De quelle dose parle-t-on ?

Rappelons que la dose absorbée de rayonnement ionisant à un organe est le rapport de l’énergie déposée par le rayonnement à la masse de cet organe. Cette dose s’exprime en joules par kilogramme, l’unité utilisée étant le gray (Gy) : 1 gray correspond à 1 joule par kg. On exprime trop souvent la dose à la thyroïde en sieverts (Sv), mais cette unité est source de confusion car elle caractérise deux grandeurs bien différentes : la dose équivalente (produit de la dose absorbée par un coefficient radiologique qui tient compte de la dangerosité du rayonnement en cause) et la dose efficace, inventée pour les besoins de la radioprotection, qui tient compte du coefficient radiologique et d’un coefficient tissulaire qui traduit la vulnérabilité de l’organe ou du tissu cible. Dans la suite, nous utiliserons le mot dose pour désigner la dose absorbée.

Cancer thyroïdien de l’enfant

Jusqu’à 15 ans environ, le cancer thyroïdien de l’enfant est très rare, avec une incidence1 de 1 à 2 cas par million d’enfants de moins de 15 ans, soit 0,4 % des cancers de l’enfant. Il s’agit de cancers apparents cliniquement, le plus souvent révélés par une tuméfaction au niveau du cou qui attire l’attention de l’enfant ou de son entourage. Contrairement au cas des adultes, on pensait qu’il n’existait pas chez les enfants d’autres cancers « occultes », de petite taille, impossibles à déceler sans échographie. Mais les études qui avaient conduit à cette conclusion ne portaient que sur quelques centaines d’enfants.

Ainsi, on ne connaissait pas la prévalence2 du cancer thyroïdien qui apparaîtrait dans une grande campagne de dépistage échographique comme celle conduite après l’accident de Fukushima.

Prolongez la lecture de la RGN

Cet article est réservé aux adhérents de la SFEN. Pour lire la suite et avoir accès à l’ensemble de nos archives, abonnez-vous à la Revue Générale Nucléaire.

Par André Aurengo, membre de l’Académie de Médecine, ancien Chef du service de médecine nucléaire de la Pitié-Salpêtrière