20.09.2021

3/9 - Transition énergétique, « intensité matières » et criticité

shutterstock_492782752_p2v2.jpg
Bas carbone,
Matières premières,
Approvisionnement
Par Gaétan Lefebvre, Patrick D’Hugues et Christophe Poinssot, BRGM - Photo © Adwo/Shutterstock - Un géologue échantillonne des roches à ciel ouvert (Australie).

L’augmentation régulière des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère sous l’effet des activités anthropiques conduit aujourd’hui à des modifications majeures du climat terrestre comme vient de le rappeler le rapport du GIEC [1]. La France s’est engagée dans une stratégie ambitieuse de réduction de ses émissions afin d’atteindre la neutralité carbone [2] en 2050.

Cette stratégie repose notamment sur une modification profonde de nos consommations d’énergie en accélérant l’électrification des usages, en améliorant l’efficacité énergétique et en maintenant un mix électrique décarboné. Ces changements requièrent le déploiement de nouvelles technologies bas carbone reposant sur le nucléaire et les énergies renouve­lables et sur le numérique (IA, réseau intelligent, etc.), mobilisant des quanti­tés importantes de matières premières, métaux de base et de métaux rares.

Le succès de la transition énergétique et numérique repose implicitement sur la capacité à réussir les approvi­sionnements de ces ressources, en les sécurisant mais aussi en s’assurant qu’ils intègrent la prise en compte des risques en­vironnementaux, sociaux et géopolitiques pesant sur ces filières d’importation. Être capable de se projeter sur l’évolution des be­soins nationaux et les mettre en regard avec les ressources disponibles et les risques asso­ciés est indispensable et requiert une veille économique et technologique reposant sur des méthodologies d’analyse et d’évaluation bien spécifiques. C’est ce que les experts du métier appellent souvent l’intelligence miné­rale, que le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) développe de longue date pour les pouvoirs publics et les indus­triels français.

Méthodologie d’évaluation de la criticité des matières premières

Dans le cadre des travaux menés pour le Comité pour les métaux stratégiques (Comes) et de ses missions de service public, le BRGM a été chargé, dès 2010, de réaliser des études sur la criticité d’un certain nombre de substances minérales. L’approche s’appuie sur plusieurs méthodologies développées à partir de 2007 afin de mesurer les impacts économiques en cas de rupture d’approvisionnements de subs­tances minérales et de les classer par « degré de criticité » [3]. La plupart des méthodologies intègrent deux axes qui découlent de la per­ception mathématique du risque : le premier pour évaluer la probabilité d’occurrence d’un événement perturbateur dans la chaîne d’ap­provisionnement ; le second pour évaluer l’im­portance économique de cette rupture d’approvisionnement et ses conséquences.

Prolongez la lecture de la RGN

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite, abonnez-vous
à la Revue Générale Nucléaire.

La suite du dossier

rgn_04_2021_infographie_exploit_miniere_bd_v2.jpg

Selon la géologie, la géographie du site, la qualité de la matière à extraire et à concentrer, l’exploitation minière diffère. 

249021_v2.jpg

La transition énergétique consiste à réduire drastiquement le recours aux énergies fossiles, grandes émettrices de  CO2, en les remplaçant progressivement par des énergies dites bas carbone.