3/11 – Fukushima en 2015 : le lent retour des populations
Les zones d’évacuation
Les zones d’évacuation ont évolué avec la situation radiologique aux alentours de la centrale de Fukushima Daiichi. Le 11 mars 2011, la déclaration « d’état d’urgence nucléaire » prononcée par le Gouvernement japonais a établi une zone d’évacuation dans un rayon de 2 km autour de la centrale. Zone qui s’est étendue progressivement à 3, 10 puis 20 km le jour suivant.
Le 15 mars, le Premier ministre Naoto Kan a ordonné la mise à l’abri des personnes dans un rayon de 20 à 30 km. Le 21 avril, un mois et demi après, les territoires situés à moins de 20 km de la centrale – où vivaient environ 80 000 personnes – ont été déclarés « zone interdite ».
Le lendemain, le Gouvernement définissait trois types de zones :
- la zone d’exclusion de 20 km de rayon ;
- une « zone d’évacuation délibérée » sur les territoires affectés par les retombées de l’accident, zones que les habitants ont évacuées dans un délai d’un mois ;
- des « zones préparées à l’évacuation en cas d’urgence », entre 20 et 30 km, où les habitants ont pu rester mais devaient être prêts à évacuer en urgence. Ces zones ont été supprimées fin septembre 2011.
Le 16 juin 2011, le Gouvernement identifiait 7 « points chauds » autour desquels il recommandait l’évacuation. Des ajustements ont ensuite été faits, commune par commune, jusqu’à l’adoption d’un nouveau système de zonage le 7 août 2013. Dans ce système toujours en vigueur, trois zones sont définies selon leur niveau de contamination (Figure 1). Celles où les retours seront « difficiles » (zones rouges) sont les plus contaminées (> 50mSv/an).
En pratique, les habitants ne pourront pas y retourner même à long terme. Dans les zones de « résidence restreinte » (zones orange), les retours seront possibles à moyen ou long terme après décontamination (entre 20 et 50 mSv/an avant décontamination). Enfin, dans les zones
« préparées à la levée des restrictions » (zones vertes), les retours seront possibles à court ou moyen terme après décontamination (< 20 mSv/an avant décontamination).
Le 1er avril 2014, l’ordre d’évacuation était levé pour la première fois dans une zone du périmètre des 20 km, sur une partie de la commune de Tamura (Figure 1). En octobre 2014, il était également levé dans une partie de la commune de Kawauchi.
Environ 146 000 personnes déplacées
Au total, le Gouvernement japonais estime que près de 146 000 personnes ont été déplacées.
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