L'édito de Bertrand de l'Epinois, président de la section technique 4 de la Sfen (sûreté et protection de l'environnement) - Sfen

L’édito de Bertrand de l’Epinois, président de la section technique 4 de la Sfen (sûreté et protection de l’environnement)

Publié le 30 avril 2021 - Mis à jour le 18 novembre 2021
Les installations nucléaires face aux aléas naturels (RGN 2, 2021)

Le numéro 2 de la RGN expose la te­neur des quatre webinaires que la Sfen a consacrés à la prise en compte des aléas naturels dans la sûreté nucléaire, en décembre et janvier derniers.

Les phénomènes traités ici sont l’inonda­tion externe, les grands chauds, les grands froids, le vent et les tornades. Ils sont essen­tiellement d’origine climatique, les crues et inondations pouvant aussi être engendrées par des séismes ou des ruptures d’ouvrages.

Ces phénomènes sont caractérisés par une grande variabilité. De plus, même si les mo­dèles de calcul ne sont pas catégoriques, le changement climatique est de nature à ac­croître la fréquence et l’intensité d’épisodes sévères. Ses effets locaux sont mesurés et anticipés par analyse des séries statistiques et par diverses méthodes avancées. Les ten­dances climatiques sont aussi modélisées au plan global par des travaux scientifiques de premier plan ; leur traduction dans les mo­dèles régionaux s’amorce.

Si les principaux aléas naturels sont pris en compte depuis la conception des instal­lations, leur place dans la sûreté s’est renfor­cée au fil du temps, comme suite au retour d’expérience d’événements, aux études pro­babilistes de sûreté et au progrès des connais­sances. Ils peuvent affecter la source froide (température, étiage, inondation, obstruction par des colmatants, etc.) ou différents maté­riels des installations nucléaires (par excès de température, gel, inondation, projectiles emportés par le vent, etc.).

Leur analyse sur le plan de la sûreté doit intégrer deux dimensions particulières : les risques de mode commun (si l’agression af­fecte plusieurs voies de sûreté, plusieurs niveaux de la défense en profondeur ou même plusieurs réacteurs) et les incertitudes inhé­rentes aux sciences naturelles. Cela conduit à prendre des marges significatives, à réexa­miner périodiquement les hypothèses de pro­tection des installations, à mener une veille des événements climatiques inhabituels et à toujours poursuivre la R&D.

L’étude des risques engendrés par les aléas naturels forme donc une part spécifique de la sûreté nucléaire en ce qu’elle conjugue disci­plines de l’ingénieur et sciences naturelles : une installation nucléaire s’inscrit dans son environnement naturel.

Bonne lecture !

 

Bertrand de l’Epinois, président de la section technique 4 de la Sfen (sûreté et protection de l’environnement) – RGN 2, mars-avril 2021