Insertion paysagère des petits réacteurs nucléaires
Il y a dans le paysage français des géométries puissantes et silencieuses : tours de refroidissement, enceintes de confinement, lignes à haute tension traversant les plaines. L’architecture du nucléaire civil en France s’est construite à partir des années 1960 dans un contexte d’ambition industrielle et de planification énergétique. Les infrastructures développées à cette époque, en lien étroit avec les savoirs techniques et les exigences de sécurité, ont donné naissance à des formes puissantes, souvent emblématiques, qui ont marqué durablement le territoire.
Certaines figures, comme Claude Parent, ont accompagné cette dynamique d’une réflexion architecturale. Ses propositions pour EDF cherchaient à donner une expression spatiale à la fonction énergétique et à interroger la place de ces ouvrages dans le paysage.
Aujourd’hui, les choses changent. Le nucléaire revient dans le débat public — non plus comme promesse technicienne, mais comme paradoxe climatique. Face à l’urgence de décarboner, face à la fin annoncée des énergies fossiles, le nucléaire redevient une option. Pourtant, ce n’est plus celui des années 70. Ce n’est plus le béton brutal, l’ingénierie seule en majesté, l’État centralisé et vertical. C’est un nucléaire discret, modulaire, pensé à l’échelle des territoires et des besoins locaux : le SMR, ou Small Modular Reactor.
Ces réacteurs compacts, que la France et l’Europe ambitionnent de développer dans la décennie à venir, offrent une occasion rare : réinventer l’architecture du nucléaire.
Quel visage donner au nucléaire de demain ? Peut-on imaginer une architecture post-fossile, où la technique ne s’oppose pas à son environnement mais compose avec lui ? Quelle forme pour un bâtiment qui abrite la réaction et dialogue avec les forêts, les vallées, les rivières, les zones industrielles ou les franges urbaines ?
Que devient l’enceinte quand elle ne doit plus cacher, mais expliquer ? Comment concilier exigence de sûreté et exigence de beauté, rigueur du confinement et ouverture au monde ?
Loin des images des bunkers déshumanisés, il faut une pensée fine de l’implantation, du rapport au territoire, du temps long, de la matière. Il faut des gestes précis : organiser, filtrer, rythmer, cadrer. Il faut inventer une poétique de l’énergie. Car toute architecture, surtout celle de l’atome, raconte un monde. Et celui qui vient exige des formes nouvelles.
Ce concours s’adresse aux architectes, incluant les étudiants en architecture, urbanisme ou paysagisme, ainsi qu’aux équipes pluridisciplinaires souhaitant imaginer des concepts novateurs pour le nucléaire du XXIᵉ siècle. Les projets proposés peuvent s’inscrire sur des parcelles existantes ou fictives, dans des zones industrielles métropolitaines, hors sites nucléaires existants, et doivent respecter des principes de solidité, sécurité et intégration paysagère.
L’appel à candidatures pour le Prix d’Architecture est ouvert dès début janvier 2026 et se poursuivra jusqu’au 31 mars 2026. Les projets doivent respecter le cahier des charges et être soumis avec la totalité des livrables demandés avant la clôture des inscriptions.
Le concours est ouvert aux étudiants et jeunes professionnels en architecture, urbanisme, paysagisme ou toute autre discipline en lien avec le design ou l’aménagement du territoire.
Les participants peuvent concourir individuellement ou en équipes (maximum 4 personnes).
Prix et récompenses
- Dotation financière
- Remise du prix et exposition à TINCE
- Publication dans la RGN (la Revue Générale du Nucléaire)
Le concours offre ainsi aux participants l’opportunité de faire entendre leur vision architecturale auprès d’un public professionnel et académique, et de contribuer à la réflexion sur l’énergie et l’architecture de demain.