La Sfen, société savante, a pour ambition de réfléchir à la place de l’énergie nucléaire pour notre avenir commun et a dans ses gènes le questionnement, la curiosité, l’éveil aux autres et au changement, le bouillonnement d’idées qui fait progresser. Dans la continuité de sa raison d’être, elle organise la première édition du concours d’architecture de l’énergie, une occasion unique pour les candidats de mettre en avant des projets innovants.
Catherine Jacquot, présidente de l’Académie d’architecture, présidera un jury prestigieux composé de Marc Barani, Nicolas Dufourcq, Valérie Faudon, Hélène Fernandez, Raphaël Ménard, Brice Piechaczyk, Francis Rambert, Philippe Stohr.
Thème 2026 : Insertion paysagère des petits réacteurs nucléaires
La France est entrée dans une nouvelle phase de son histoire industrielle, énergétique et architecturale, avec le développement des petits réacteurs nucléaires (SMR).
L’histoire de l’architecture du nucléaire civil en France s’est inscrite dans le contexte d’ambition industrielle et de planification énergétique des années 60. De grands architectes, comme Claude Parent et Paul Andreu, ont accompagné cette dynamique d’une réflexion architecturale et rédigé des articles dans la Revue Générale du Nucléaire (RGN) éditée par la Sfen. Leurs propositions pour EDF à l’époque, ont cherché à donner une expression spatiale à la fonction énergétique et à interroger la place de ces ouvrages dans le paysage : « S’il doit y avoir des paysages de centrales nucléaires, comme il y a des paysages d’autoroute, différents du paysage initial, rien ne les condamne, a priori, à la laideur » (Paul Andreu, 1977, RGN).
Les infrastructures développées alors, en lien étroit avec les savoirs techniques et les exigences de sécurité, ont pris des formes puissantes, souvent emblématiques, qui ont marqué durablement le territoire : tours de refroidissement, enceintes de confinement, lignes à haute tension traversant les plaines.
Le développement des petits réacteurs nucléaires change la donne de la réflexion architecturale à mener, comme l’avait déjà anticipé Paul Andreu :

Les petits réacteurs nucléaires ont vocation à s’insérer dans des paysages existants, en particulier les zones industrielles. Ils serviront des objectifs de transition énergétique et de réindustrialisation. Ils permettront de décarboner des sites existants, consommateurs d’énergies fossiles, et aussi d’accueillir des activités économiques nouvelles. Produisant à la fois de l’électricité et de la chaleur, ils sont pensés à l’échelle des territoires pour servir des besoins locaux. Une étude 2025 E-Cube pour la Sfen identifie une soixantaine de clusters industriels techniquement adressable en France par des SMR, en remplacement du gaz fossile.
Il s’agit d’un mouvement mondial : un tableau de bord de l’OCDE-AEN recense plus de 120 nouveaux concepts de SMR en développement dans le monde. La France dispose de 12 concepts, grâce au programme France 2030.
Ces petits réacteurs offriront une occasion rare : il ne s’agit pas seulement de réinventer l’architecture du nucléaire, mais d’imaginer les paysages industriels de demain. La Sfen, en collaboration avec OpinionWay, a mené une étude pour mieux comprendre les attentes des citoyens face à ces nouvelles infrastructures.
Ce concours s’adresse à une nouvelle génération d’architectes, incluant les étudiants en fin de cycle en architecture, urbanisme, ainsi qu’à des équipes pluridisciplinaires (pouvant intégrer des profils ingénieurs) et souhaitant imaginer des concepts novateurs pour le nucléaire du XXIᵉ siècle. Dans la lignée du travail de Claude Parent, les candidats sont invités à proposer des projets novateurs, créatifs, fonctionnels, intégrés dans le paysage et prenant en compte l’impact environnemental du design. Il s’agit de penser l’implantation, le rapport au territoire, le temps long.
Il s’agit d’un appel à idées et non d’une réponse à un projet réel. Les parcelles choisies peuvent être existantes ou fictives, et doivent représenter une nouvelle implantation (hors des sites nucléaires existants), hors considération patrimoniale
Dates clés
L’appel à candidatures pour le Prix d’Architecture de l’énergie se déroule en 2 étapes.
Etape 1 : les pré-inscriptions sont ouvertes du 1er janvier 2026 au 1er mars 2026.
Etape 2 : Finalisation des dossiers de candidatures au plus tard le 15 avril 2026. Les projets doivent respecter le cahier des charges et être soumis avec la totalité des livrables demandés.
Le concours est ouvert aux étudiants en fin de cycle et professionnels en architecture, urbanisme, ou toute autre discipline en lien avec le design ou l’aménagement du territoire.
Les participants peuvent concourir individuellement ou en équipes (maximum 4 personnes). Les équipes pluri-disciplinaires incluant notamment un profil ingénieur, seront particulièrement appréciées.
Prix et récompenses
- Dotation financière
- Remise du prix à TINCE’26
- Publication dans la RGN (la Revue Générale du Nucléaire)
- Diffusion large auprès de la presse